le 4 Octobre 185..
Petit contretemps qui m’a obligée à interrompre ma description :mes malles avaient disparu ! ou plutôt, elles étaient restées au port. J’ai été obligée de paraitre au diner dans ma robe complètement froissée! heureusement qu’il ne s’agissait que d’une petite collation!après nous étions tellement fatigués Lowell et moi que nous sommes montés dans nos chambres tandis que le Gouverneur prenait possession de son bureau et faisait connaissance avec le personnel de maison.
Ce n’est que ce matin que j’ai visité toute la demeure avec l’intendante Mrs Rawlings. J’ai remarqué un beau piano dans un des salons: je pourrais m’exercer à nouveau! Il y a une grande bibliothèque et une salle de bal magnifique, plus belle encore que celle de mon Oncle ! Il y a plusieurs terrasses au rez-de-chausée ou il fera bon de prendre le thé, elles sont entourées de fleurs. La plupart de nos sorties auront lieu le matin car l’après-midi le soleil est impitoyable, pourtant nous ne sommes qu’au printemps.Le ciel est radieux et de ma chambre ,je vois la mer. Lowell pense être au paradis, il exagère juste un peu…
le 10 Octobre 185..
Voici une semaine que nous sommes à Sydney. Il fait très chaud l’après-midi et le parc qui entoure la maison est appréciable. Avant-hier ,nous avons fait une promenade jusqu’à la chaise de Mrs Macquerie. C’est ainsi que l’on appelle un rocher taillé ou la femme de cet ancien gouverneur aimait à s’asseoir pour contempler la mer.Il est vrai que de là ,nous avons une vue splendide sur Farm Cove. Le Lord-maire était avec nous ,accompagné de sa femme et de sa dernière fille, demoiselle de 14 ans, plutôt ingrate de visage mais dont la conversation est assez agréable. Elle m’a posé plein de questions alors que nous prenions le thé: comment est -ce à Londres ? quelles sont les couleurs à la mode? si j’avais déjà vu la Reine… N’ayant pas fait mon entrée officielle dans le monde, je n’ai trop su que lui répondre. C’est dans des moments comme celui-ci que je pense à Maman et ses conseils si précieux. Il faut que je lui écrive demain sans faute.
Je suis allée dans le centre ville, il y a de belles boutiques sur Georges Street et Martin Place, évidemment sans commune mesure avec celles de Regent Street, mais j’ai acheté des cotonnades indiennes parfaites pour offrir comme chales. Nous avons fait notre première visite officielle (nouvelle salle dans l’hopital, pas très réjouissant)et devons aller prochainement à un petit concert.Il y a un théâtre, mais je ne pense pas y aller tout de suite et d’ailleurs quelles pièces peuvent être jouées ici?. Nous avons des obligations importantes dans les prochains jours.
Cela ne semble guère préoccuper Lowell qui est surtout intéressé par l’exploration des alentours. Il a, dès sa première visite aux écuries du domaine, repéré un cheval gris qui est devenu sa monture préférée. Quand pointent les lumières du matin, il le fait seller et il disparait jusqu’à midi. Il est revenu aujourd’hui échevellé, les habits chiffonnés. Au grand dam de son grand-père qui le trouve très imprudent : Et s’il faisait une mauvaise rencontre ?




























































































