CHAPitre 2 : QUESTIONNEMENTS

Georgie s’était laissée entrainer par la chaleur d’Abel. Mais ce qu’elle ressentait lui faisait peur. Elle s’était soudain sentie tellement bien dans les bras d’Abel.  Elle réalisait que son frère l’avait embrassée et bien qu’elle ait aimée ce moment, elle se sentait honteuse.

Elle desserra bientôt son étreinte, en disant comme si rien ne s’était passé :

-« Abel, il est temps maintenant de rentrer. Et puis, je suis épuisée… »

Elle se dirigea vers la cabine, encore troublée par ce qu’elle ressentait. Abel était médusé. Il ne comprenait pas. Il avait senti qu’elle s’abandonnait dans ses bras. Il choisit de la suivre puis rentra dans sa cabine, tentant de trouver le sommeil. Il ne le pouvait pas. Sa flamme pour Georgie brûlait à nouveau dans toute sa passion. Il aimait Georgie et enfin, elle avait répondu à son amour avant de s’échapper comme une enfant …

Le lendemain, au petit déjeuner, nos trois amis étaient assis à la même table. Curieusement, Arthur trouvait l’ambiance lourde : ni Abel, ni Georgie ne parlaient. Ils étaient silencieux, la tête dans leur pensée.

-« Vous en faites une tête. Quelque chose ne va pas.

Et Georgie et Abel de répondre en cœur « Non, non …. »

Au grand soulagement d’Abel et Georgie, le commandant de bord indiquait que le bateau devait arriver d’ici une heure, invitant les passagers à vider leur cabine et à se rassembler dans le couloir de débarquement. Abel et Arthur se dirigèrent vers leur cabine bientôt suivie par Georgie.

L’oncle Kévin avait malgré son grand âge fait lui-même le voyage pour les accueillir. Il trouva Georgie changée et ne manqua pas de remarquer qu’elle était devenue une belle femme. Les deux jeunes hommes étaient égaux à eux-mêmes. Lors du trajet, pris par l’émotion des retrouvailles, personne n’osait parler. L’oncle Kévin arrêta la voiture devant la maison Bäcker puis s’excusa. Devant leur maison d’enfance, ils furent tous pris d’une vive exhaltation. Ils étaient arrivés à destination. La vie reprenait ses droits après ces deux ans de souffrance. 

 Arthur fut pris de maux de tête qu’il avait mis cela sur le compte de la fatigue alla se coucher sans tarder. Il avait caché que depuis le départ ces affreuses migraines le reprenaient. Il avait été drogué et son corps réclamait la substance. Cela lui faisait horreur. Il avait décidé de se rendre chez Kévin pour lui demander conseil. En effet, l’oncle Kévin était expert en plantes et aurait certainement une solution pour lui.

De son côté, Georgie se rendit aux écuries. Elle voulait retrouver Blue Star. L’oncle Kévin, connaissant l’affection de Georgie pour son cheval l’avait réinstallé là, comme si rien n’avait changé depuis son départ. Abel, voyant Georgie caresser tendrement son cheval lui proposa d’aller faire un galop. Georgie, tout heureuse de retrouver Blue star avait accepté sans réfléchir. Avant qu’elle puisse dire un mot, Abel la hissa sur la selle. Ils partaient dans la campagne australienne.

CHAPITRE 1 : RETOUR AUX SOURCES

Avertissement : Les personnnages de cette histoire qui se veut une suite fiction du dessin animé « Lady Georgie » ne m’appartiennent pas. Ils sont la propriété exclusive de l’auteur du manga Mann Izawa. Bonne lecture, Nathalie.

La soirée de réhabilitation avait marqué profondément Georgie ; elle pleurait profondément. Elle avait renoncé ce soir-là à Lowell alors qu’elle aimait, et que lui ressentait les mêmes sentiments à son égard. Malgré la joie des retrouvailles avec son père, il lui semblait difficile de rester à Londres. Elle avait besoin de retourner dans son pays l’Australie. Elle avait aussi le souhait de rendre hommage à ses parents et de revoir le bon oncle Kévin, qui lui manquait tant. Elle décida donc de retourner en Australie. Abel et Arthur ne concevaient pas leur vie ailleurs que dans leur beau pays natal. Ils accompagnèrent donc Georgie. Ils voyageaient en première classe, chose inhabituelle pour un marin comme Abel ! Le Comte avait promis de venir un mois plus tard, le temps pour lui de régler les papiers de sa réhabilitation.

Sur le bateau, régnait la bonne humeur. Les deux garçons étaient heureux de retourner au pays. Georgie semblait avoir oublié sa mélancolie. Elle avait hâte de revoir les kangourous, les koalas et le beau soleil d’Australie qui lui manquaient tant. Abel était aux petits soins pour elle. Il avait d’ailleurs sympathisé avec le Commandant de bord et avait expliqué à Georgie tous les principes du commandement de bateau. C’était très intéressant. La perspective de l’Australie avait donné des ailes à nos trois amis. Cependant, la veille de l’arrivée, Georgie sortit sur le pont ; elle ne parvenait pas à retrouver le sommeil. Elle pleurait sans vraiment savoir pourquoi ; les émotions cachées pendant les 3 semaines de traversée remontaient à la surface et s’extériorisaient par ses pleurs. Abel, qui avait le sommeil léger depuis les événements de Londres avait entendu du bruit dans la cabine voisine et voulait vérifier que tout allait bien. Il se rendit donc sur le pont pour y faire un tour de reconnaissance. A son grand étonnement, il vit Georgie, pleurant sur le banc devant la proue du navire. Il ne l’avait jamais vu craquer et cela le remplissait d’émotion.

-« Georgie, dit-il d’une voix douce »

-« Abel ! »

-« J’ai entendu du bruit et je m’inquiétais alors je suis sorti. Que fais-tu là en pleine nuit ? ça ne va pas Georgie »

-« si, si , tout va bien …. Dit-elle précipitamment mais d’un ton peu convaincant

-« je t’ai pourtant entendu pleurer. Tiens, je te donne ma veste car je crois que tu as froid. »

A sa grande surprise, Georgie se blottit contre lui.

-« Oh, Abel, tu sais, je me sens si seule. »

Abel la serra contre elle, il avait si envie de la consoler. Ils restèrent ainsi un petit moment. Abel voulait que ce moment fût éternel, il resserra son étreinte. Il craignait que Georgie à ce moment -là le repousse. Mais Georgie ne bougeait pas, elle frissonnait. Alors, il posa ses lèvres sur les siennes. 

EPILOGUE

Georgie et Laurent s’étaient installés à Lowood. C’était un petit paradis où régnait les charmes de la nature. La propriété, en altitude, offrait un magnifique panorama sur des prairies verdoyantes, qui au printemps, se couvraient de fleurs. C’était un lieu poétique, inspirant l’âme. Ils venaient d’avoir un deuxième fils qu’ils baptisèrent Andrew. La famille comptait quatre enfants ; deux jumelles, Sarah et Linda étaient arrivées dans la famille deux ans après la naissance d’Andrew. Georgie se formait petit à petit pour devenir infirmière. Le couple avait obtenu l’autorisation de la Reine d’ouvrir un dispensaire pour y accueillir des enfants orphelins. 

Laurent devenu un chirurgien réputé était connu pour son dévouement et sa générosité. Il assumait de plus en plus de responsabilités en tant que Comte. Il finit au terme de dix ans de carrière à l’hôpital par se consacrer au dispensaire, qui n’avait cessé de s’agrandir, requérant toujours plus sa présence. Il avait ainsi plus de temps pour gérer ses affaires de Comte et pour décharger le père de Georgie des plus lourds dossiers. 

Arthur et Maria étaient heureux en Ecosse. Le domaine était devenu important et employait une dizaine d’ouvriers. Ainsi Arthur avait-il plus de temps pour sa vie de famille puisque son temps de travail était essentiellement voué à la commercialisation des produits du domaine. Maria était devenue bonne couturière, Georgie ayant partagé avec elle sa passion. Elle prenait plaisir à réhabiliter la vieille demeure qu’ils occupaient en la décorant avec goût. Elle avait créé des gîtes où elle accueillait de nobles étrangers souhaitant visiter l’Ecosse. Elle s’occupait de leurs deux petits garçons James et Alban, qui ressemblaient à Arthur, aimant jouer au grand air. 

Abel avait repris l’affaire de Mr Allen, parti en retraite. Ses affaires prospéraient. Il partait de longs mois en mer avec Betty, faisant découvrir le monde à ses enfants. 

Tous les trois vivaient à présent en Angleterre et se réunissaient régulièrement. Ils étaient profondément attachés l’un à l’autre. Le Comte, bien que resté seul jouissait du bonheur d’être grand-père. Abel et Arthur le considéraient comme leur père ; il avait adopté les deux hommes. Rien ne pourrait jamais briser cet amour.

The End

EPISODE 12 : CHANGEMENT DE CAP

Cela faisait trois ans déjà que Laurent et Georgie étaient mariés. Le petit Théodor avait le même visage que son père : de grands yeux bleus comme le ciel. Il avait le caractère espiègle de sa maman. Georgie avait considérablement réduit son activité pour se consacrer à l’éducation de Théodor. Elle était une maman épanouie, mais son père resté à Londres lui manquait. Elle ne l’avait revu que trois fois depuis son retour en Australie. Pour les fêtes de Noël, il y a 6 mois, ils avaient pris la mer. Théodor avait été fasciné par l’univers mystérieux de la mer ; peut-être sommeillait-il en lui la fibre marine de son grand-père, ancien Capitaine. Edmund et Barbara Grey étaient très présents dans la vie de la famille. Le Capitaine était en retraite. Ayant quitté le palais de Sydney, il s’était installé avec Barbara dans son luxueux appartement. Ils aimaient se retirer dans la maison de Montfort. Par-dessus-tout, le capitaine affectionnait de passer de longues heures avec son petit fils, lui partageant des secrets de marin. 

Laurent finissait brillamment sa troisième année de médecine. Pourtant, il était tiraillé.  Il était attiré par la chirurgie. Il n’oubliait pas qu’il devait sa survie aux mains expertes des meilleurs chirurgiens de l’Angleterre. Seulement, il n’était pas possible de se former à la chirurgie en Australie, il devait aller étudier à Londres. Il connaissait l’attachement de Georgie à son pays et la relation privilégiée qu’entretenait Edmund avec Théodor. 

Mais il se trompait sur un point : Georgie, depuis leur retour de Londres souffrait cruellement du manque de son père. Lorsqu’elle était avec son père, toutes les années d’absence s’effaçaient. Le Comte était un artiste né ; comme sa fille, il adorait la campagne et les animaux. Ils passaient du temps à galoper ensemble dans la campagne londonienne. Ses heureux souvenirs revenaient souvent à Georgie. Elle se sentait finalement seule en Australie. Abel vivait à Londres avec son épouse Bethy ; il était retourné travailler auprès de son patron londonien devenu un grand ami. Bethy était enceinte de leur deuxième enfant. Elle était devenue très amie avec Maria.  Le Comte avait gardé celle-ci auprès de lui, en finançant ses études. Il avait rempli avec tendresse le rôle du duc, son pire ennemi, mort en captivité. Maria considérait le Comte comme un père doux et aimant. Elle continuait de correspondre avec Arthur, resté en Australie. Les fiancés s’étaient revus aux fêtes de Noël et projetaient de se marier l’année suivante. Arthur savait qu’il devrait laisser la ferme de son enfance, aussi avait-il formé un jeune apprenti pour prendre sa relève. Il escomptait lui louer la ferme et les terres pour en rester propriétaire et respecter les dernières volontés de Mme Bäcker.  Maria devait avoir 18 ans dans un mois. Il voulait la retrouver. Il avait embarqué pour un aller définitif vers l’Angleterre.  Il avait tout laissé derrière lui par amour. Le plus difficile avait été de quitter Georgie, le petit Théodor et Laurent, l’aristo comme il le surnommait. Les deux hommes étaient devenus très amis. Laurent aimait la pêche tout comme Arthur.  Le Comte se réjouissait de la venue d’Arthur. Il comptait léguer à Maria une propriété écossaise, trop longtemps abandonnée du fait de son exil mais environnée de grands terrains dont la terre était fertile. Maria n’avait pas d’héritage, son père ayant été déshérité suite aux condamnations de haute Trahison. Il était heureux de la perspective du mariage, sachant la douceur de Maria et d’Arthur. Il savait aussi qu’Arthur ferait prospérer ce domaine écossais, aussi se réjouissait-il que cet endroit, emprunt pour lui de merveilleux souvenirs de jeunesse avec Sophia puisse à nouveau être un lieu de joie.

Laurent avait choisi d’emmener Georgie à Mengh dans le chalet de leurs retrouvailles pour leurs trois ans de mariage. Il pensait que c’était le moment de lui parler de son projet de retour à Londres. Ceux que Georgie chérissait avaient tous quitté la terre australienne. Georgie était ravie de vivre un moment d’intimité avec Laurent, très occupé quotidiennement par ses études. Laurent n’imaginait pas que Georgie, après le départ de son frère avait envisagé elle-aussi de retourner vivre à Londres. Laurent était définitivement guéri. Il n’était donc plus indispensable de vivre dans un climat chaud et sec. De plus, Georgie sentait à nouveau son corps se modifier ; elle était enceinte. Elle allait profiter de ce temps avec Laurent pour lui annoncer la nouvelle …

Ils s’installèrent dans le même chalet que trois ans auparavant. Le petit Théodor était gardé par ses grands-parents. Le couple avait bien l’intention de profiter de ces moments si rares d’intimité. Ils allèrent dîner à l’auberge où ils se régalèrent des spécialités locales de terrines et des fruits de mer. L’ambiance était festive : un orchestre irlandais animait la soirée.  

– « Georgie, ma chérie, tu vas finir par t’étouffer » dit Laurent en souriant.

– « N’aie crainte, je contrôle la situation », dit Georgie en riant

– « Tu me rassures, peut-être attends-tu un heureux événement … »

– « Laurent, justement, je voulais te dire que j’ai vu le médecin hier car j’avais des nausées ces dernières matinées. Oui, mon amour, nous attendons un autre petit ange »

– « Oh, ma chérie, je suis si heureux … »

Laurent invita Georgie sur la piste de danse. Il l’entraînait, grisé qu’il était de la nouvelle. Sa vie n’était que ravissement ; Georgie avait une telle joie de vivre et il lui semblait que chaque jour, leur amour grandissait. Ils s’assirent à nouveau. Laurent, pour fêter l’évènement commanda deux coupes de glaces bien garnies.  Il osa enfin aborder le sujet qui le préoccupait.

– « Tu sais, Georgie, je voudrais te parler de quelque chose qui me tient très à cœur ». 

 Georgie sentait son cœur battre, ce ton sérieux l’inquiétait. 

– « Tout va bien, Laurent ?

– « Oui, ne t’inquiète pas, c’est au sujet de ma formation. Georgie, je rêve de devenir chirurgien. Le médecin chef de l’hôpital m’a complimenté pour mon travail et m’a dit qu’il recommanderait ma candidature si je postulais. Mais, la formation se déroule à Londres sur trois ans. Cela signifie que nous devrons y déménager. C’est pourquoi, je n’ai pas pris de décision, je voulais te consulter. Je voulais savoir comment tu envisageais nos futures années. » 

– « Laurent, je te remercie de l’attention que tu portes à mon bien-être. Je t’ai déjà dit que j’irai n’importe où, pourvu que nous soyons toujours main dans la main. Je serai heureuse de retourner à Londres pour tes études, pour que tu accomplisses ton rêve, et je pourrai être auprès de mon cher père qui me manque tant. »

– « Oh, Georgie, je te remercie pour ton amour. Si tu savais comme je languis d’exercer ce métier pour venir en aide à ceux qui ne peuvent pas financer le type d’opérations qui a sauvé ma vie. »

Ils étaient conscients l’un et l’autre d’avoir franchi une étape importante de leur vie. Laurent prit les deux mains de Georgie, les embrassa. Ils sortirent du restaurant pour se rendre au chalet. Ils étaient tendrement enlacés. Ce fut une nuit de passion.

EPISODE 11 : UNE FETE INTERROMPUE

Laurent emmena Georgie terrorisée, toute tremblante à l’abri dans le vestibule. Puis, il sortit précipitamment au secours de son grand-père. Celui-ci gisait sur le sol ; il avait vu venir la balle qui visait le Comte Girard en plein cœur. Il avait réussi à l’y faire échapper mais en se tournant avait pris une seconde balle dans le dos. Barbara avait eu le réflexe de désinfecter l’impact de la balle et de colmater l’hémorragie par un linge. Laurent et Arthur réussirent à acheminer le Capitaine jusqu’à l’hôpital militaire, par chance situé à deux cent mètres du palais. Edmund fut aussitôt pris en charge, la balle n’était heureusement que superficielle. Elle put être retirée sans opération. Il fut rapidement intubé et perfusé : son pouls était faible, il fallait faire vite. Laurent priait, tenant la main de son cher grand-père. Quand celui-ci ouvrit les yeux, il eut un immense soulagement, tant il avait durant ces instants imaginé le pire. 

Les invités étaient effrayés. Un intrus avait réussi à échapper au service d’ordre de la forteresse pourtant renforcé ce jour-là. Grâce à l’agilité d’Abel et à sa connaissance parfaite du port, l’individu fut rapidement arrêté alors qu’il s’apprêtait à fuir sur un navire. L’homme n’avait, à la stupeur d’Abel que 19 ans. Il n’était pas connu des services de police. Il avoua avoir été appréhendé par un vieillard qui contre une importante somme d’argent lui avait demandé de tirer sur le Comte.  La description correspondait à celle de l’affreux duc de Roussac. Il voulait se venger et tuer le Comte, en gâchant le mariage de Georgie qu’il détestait.  Le plan était ingénieux ; il bénéficiait de complicités en Australie, là même où il avait traqué la pauvre Sophia, qui n’y avait pas survécu. Le jeune homme, horrifié de son geste, le regrettait amèrement. Il dénonça tout le réseau australien. Il y eu des arrestations grâce à ses précieuses indications. Celui-ci expliqua ensuite qu’il avait besoin d’argent pour faire soigner sa maman d’un cancer, ce qui l’avait conduit à accepter l’horrible marché. Laurent, touché par son histoire abandonna sa plainte. Il finança lui-même le traitement de la mère et fit bénéficier le jeune homme du soutien de l’association de Barbara, afin qu’il puisse suivre une formation pour travailler. Grâce à Georgie, il avait appris que tout le mal qui advenait pouvait être changé en bien. La rancune, la haine ne faisait que détruire ceux qui les cultivait.  La réconciliation était un chemin certes difficile mais salvateur.  C’est ce qu’il mettait en pratique dans sa vie quotidiennement, conscient qu’il était d’être un rescapé.

Le Comte et Barbara étaient restés près de Georgie. Celle-ci avait été allongée ; elle ressentait des contractions et avait peur. Barbara avait réussi à la calmer et à la rassurer. Elle avait pu boire une tisane et se détendre.  Elle était choquée, elle avait un instant cru son père mort. Elle avait beaucoup pleuré. Elle allait mieux, rassurée que le malfaiteur qui avait voulu tuer son père ait été arrêté. Le médecin arriva deux heures plus tard pour l’examiner. Il annonça que le bébé allait arriver, qu’il était trop tard pour se rendre à l’hôpital. Georgie était au début de son huitième mois. Le bébé avait un mois d’avance ; il allait arriver le jour de son mariage. Le Comte informa Becky afin qu’elle puisse demander à Laurent de revenir auprès de son épouse. Laurent était décontenancé, il avait peur, peur que tout se passe mal. Il quitta son grand père en le regardant avec amour, rassuré de le savoir sauvé. Il arriva tout transpirant au chevet de Georgie. Les contractions augmentaient en intensité. Elle gémissait. Le Comte mal à l’aise s’était éclipsé dans la pièce voisine. Barbara donnait à Georgie des conseils pour bien respirer. Effectivement, cela lui donnait quelques instants de répit.  Mais une heure plus tard, elle sentit une forte pression très douloureuse. Elle ne pouvait plus bouger. Le médecin l’allongea sur le dos pour l’examiner. Il ne tarda pas à voir la tête du bébé. Epuisée moralement par le malheureux événement, elle poussa de toutes ses forces. Laurent vit pour la première fois les traits de son joli visage se crisper. Un instant plus tard, le bébé se mit à crier. C’était un petit garçon. Le petit Théodor John Edmund Grey était né : il se portait bien ; son poids de 3,5 kg était très correct. Laurent coupa avec fierté le cordon ombilical. Théodor fut aussitôt enveloppé de langes et mis au sein pour sa première tétée. Laurent n’en revenait pas : ce petit être était son fils. Les larmes coulaient sur son visage tandis qu’il caressait le front de sa bien-aimée. C’était une joie nouvelle. En quelques heures, son état était passé de l’effroi à la plénitude. C’était une grâce. Il était attendri, maladroit lorsqu’il prit son petit trésor délicatement dans ses bras. Il n’avait jamais ressenti de plus grande joie. 

Les jeunes mariés ne pourraient jamais oublier le jour de leurs noces. Les proches étaient tous restés après la fusillade. Ils étaient à présent rassurés. Georgie allait bien ; le petit Théodor se portait à merveille. Georgie, à présent se reposait d’un sommeil bien mérité ; Théodor venait de recevoir le petit berceau, prêté par l’hôpital ; il dormait paisiblement. Une infirmière restait en permanence auprès d’eux.  Un garde du corps était posté à la porte de la chambre et la surveillance avait été renforcée à l’extérieur.

Laurent proposa que tous se retrouvent dans le jardin ; le danger était à présent écarté. Il ne voulait pas laisser la violence et la peur voler ces heureux moments. Laurent était radieux ; il était papa. Le reste de la journée se déroula dans la joie. Les parents de Laurent virent avec émotion leur petit-fils. Qu’il était mignon ! Ils restèrent un long moment dans le silence à contempler Théodor puis ils sortirent discrètement pour ne pas réveiller Georgie.  Laurent s’éclipsa, accompagné de ses parents, pour aller annoncer la nouvelle de la naissance à Edmund. Son visage s’illumina quand il apprit que son petit fils portait son prénom en troisième position. Il remercia Laurent de cet hommage qui lui rendait et lui dit en plaisantant : « mon cher Laurent, tu devras encore me supporter de longues années. ». Ils se mirent alors à rire : la bonne humeur avait dissipé le malaise du cauchemar qu’ils avaient vécu quelques heures auparavant.

Barbara se rendit discrètement en fin de journée auprès de son ami Edmund. Elle était heureuse de la voir sauver. Elle avait réalisé à quel point elle tenait à lui, en le voyant gisant sur le sol. Une longue amitié liait Edmund et Barbara. Elle était très proche d’Emilia, la femme d’Edmund, fidèle cliente et associée indéfectible des œuvres de charité qu’elle soutenait. A sa sortie de l’hôpital, Barbara et Edmund déjeunaient souvent ensemble. 

Quelques mois plus tard, Georgie et Laurent se réjouirent d’apprendre leur futur mariage. Le Comte était retourné à Londres un mois après la naissance. Ses affaires ne pouvaient malheureusement pas attendre. Maria rentra à Londres, le cœur rempli des moments heureux vécus avec Arthur ; ils devaient se revoir pour les fêtes de Noël. Laurent et Georgie étaient installés dans le manoir. Ils avaient enfin réalisé leur rêve : être ensemble et fonder une famille. Ils s’épanouissaient l’un et l’autre dans leur nouvelle vie ; Georgie s’investissait auprès de Barbara dans l’aide qu’elle apportait aux plus faibles.

EPISODE 10 : LE MARIAGE

Le jour du mariage était arrivé. Barbara s’appliquait à habiller Georgie ; la robe lui allait à merveille. Quand Georgie vit la traîne, elle esquissa un sourire. Barbara avait pensé aux moindres détails. Georgie était resplendissante ; c’était une véritable princesse revêtue de grâce. 

Laurent était revêtu d’un costume blanc crème qui faisait ressortir son visage angélique. Une écharpe bleu ciel relevait l’ensemble. Il était excité d’épouser enfin la femme qu’il aimait.

La calèche nuptiale se rendit à Montfort. Georgie était blottie dans les bras de son père qui ne disait pas un mot tant il était submergé d’émotion. La vie lui faisait le cadeau de vivre ce moment exceptionnel ; il en savourait chaque instant. Laurent arriva, accompagné de ses parents, qui ne dissimulaient pas leur fierté. Laurent avança souriant vers l’autel. Il fut rejoint par Georgie, conduite par son père. Un voile de tulle fleurie dissimulait son visage gracieux sur lequel se lisait l’intensité de son bonheur. 

Vint le moment des consentements. Ils avaient répondu oui l’un et l’autre avec une voix ferme. Oui à la vie qui s’ouvrait devant eux. Ils échangèrent leurs bagues en tremblant. Ils étaient mari et femme. Ils couronnèrent leur union d’un baiser. Toute l’assemblée applaudit. C’était la victoire de l’amour. La célébration était animée par les chants de sœur Maria et la chorale d’enfants. Les voix célestes des chérubins résonnaient dans la petite église. C’était un moment intense de communion et d’harmonie.

Les deux familles se retrouvèrent dans les jardins du palais du Gouverneur. Un copieux apéritif fut servi à tous les invités. Ils félicitèrent les jeunes mariés. C’était incontestablement le plus beau mariage auquel ils avaient assisté. Il émanait une lumière indescriptible de Laurent et Georgie. Il semblait que le lien nuptial avait illuminé tout leur être et que toute souffrance s’était dissipée. Tout le monde était ravi de se revoir, Georgie faisait connaissance des parents de Laurent. A sa grande surprise, Mme Grey ne cessait de lui parler, la complimentant pour les nouvelles collections.  Arthur et Maria profitaient de ce bon temps ensemble. Maria portait une robe de mousseline blanche, réhaussée de roses rouges en soie. Elle était terriblement séduisante. Laurent et Georgie firent un petit discours, remerciant chacun pour sa présence. Les Barnes avait acquis un appareil de photographie, qu’ils offrirent à Laurent et Georgie. C’était un objet rare, qui n’existait qu’à l’état de prototype. Ainsi, l’événement put être immortalisé.  

Après un temps de dégustation, le Capitaine Grey proposa aux invités de se réunir pour la photo de mariage. Les jeunes mariés étaient au premier rang, entourés de leurs parents. Edmund se plaça à côté du Comte. Le photographe appuya sur l’appareil.  Au même instant, une détonation retentit. Le Capitaine fut touché ; une balle l’avait touché dans le dos. Il s’écroula sur le sol.

EPISODE 9 : HEUREUSES RETROUVAILLES

Ce matin-là, Georgie allait enfin retrouver son cher père. Elle se rendit joyeuse au port ; le bateau venait d’accoster. Le Comte fut ému de découvrir Georgie, future maman. Elle ressemblait tellement à Sophia au même âge ! Maria avait fait la traversée avec le Comte ; elle restait en retrait, impressionnée.  Elle était si heureuse pour elle !

Le Comte fit déposer ses affaires ainsi que celles de Maria à l’hôtel. Ils avaient tous rendez-vous à la ferme Bäcker chez Arthur pour un repas de famille. Georgie était pressée d’annoncer l’heureuse nouvelle à sa famille. Laurent devait les rejoindre un peu plus tard après son entretien avec les journalistes. La calèche s’immobilisa devant la ferme. Arthur sortit alors. 

C’est avec une vive émotion qu’il accueillit Maria. Il lui semblait qu’elle était de plus en plus belle. Lorsqu’il vit Georgie, il plaisanta : « Bonjour, Mademoiselle la cachotière. Puisque vous n’avez pas dit la vérité à votre frère, vous serez privé de dessert. » Il embrassa sa sœur. C’était la journée des émotions. Il avait pour l’occasion préparé un gigot et un pâté aux pommes. Laurent arriva quelques minutes plus tard. L’entretien avec les journalistes s’était merveilleusement bien passé : la vérité allait enfin être rétablie. 

Georgie fut émerveillée à la vue des fromages sur la cheminée.

– « Ne les regarde pas comme cela, il doit y en avoir pour tout le monde », dit Arthur.

 Tout le monde riait de bon cœur. L’oncle Kévin pensait à Mary et John ; qu’ils auraient été heureux d’être là au milieu de ces réjouissances !  Abel annonça à son tour la grossesse de Bethy. Arthur avait proposé à Maria de rester à la ferme jusqu’au lendemain. Il avait préparé la chambre de Georgie. Elle accepta en rougissant, ce que ne manqua pas de relever Abel. Ce soir-là, Arthur avait préparé une magnifique table, confectionné un repas digne d’un grand chef. Il avait demandé sa main à Maria en lui offrant une bague en saphir. Elle fut très émue ; elle aimait éperdument Arthur et se sentait rassurée à ses côtés. 

Le Comte avait offert à Georgie des boucles d’oreilles en or et diamants ayant appartenu à Sophia. Il lui avait offert deux petites toiles qui la représentait enfant. Un autre tableau représentait une colombe s’envolant au soleil levant. Les teintes formaient une harmonie, donnant à l’illustration un relief particulier. Laurent, amateur d’art s’attarda longtemps sur le tableau. Il était stupéfait du talent de Sophia et n’était plus étonné de ceux de Georgie.

Le surlendemain, le Comte et le gouverneur se retrouvèrent pour le déjeuner pour convenir des derniers préparatifs du mariage. Une grande entente régnait entre les deux hommes, qui passèrent une bonne heure à parler de Sophia. Cela mit du baume au cœur au Comte. 

Ce même jour, les futurs mariés visitèrent le manoir.  Georgie était conquise par la somptuosité de l’endroit.  Une l’allée délimitée de buis centenaires conduisait au perron, tandis que des carrés de jardin à la française laissaient deviner une fontaine, Laurent avait eu l’idée d’aménager un atelier de couture. Georgie s’extasiait et avait encore du mal à croire que tout cela serait pour elle. Le bébé qui devait ressentir ses émotions ne cessait pas de bouger. Laurent riait de deviner un petit pied qui tendait le ventre de Georgie. Très fatiguée, elle rentra vite se reposer. Elle but un verre de lait chaud, avant de s’allonger. Elle eut cependant du mal à trouver le sommeil. Les événements s’étaient bousculés : elle avait vécu tant de choses en si peu de temps. La date du mariage approchait ; elle était impatiente de vivre enfin aux côtés de Laurent. 

Episode 8 : JOIE DES PROJETS

Le lendemain, Laurent avait demandé à Georgie de consacrer leur matinée à parler du mariage. Il sentait aussi que c’était le moment de lui parler de la situation particulière qu’ils vivaient.

– « Georgie, je voulais te dire que j’ai prévu de rencontrer les journalistes dans deux jours pour leur conter notre histoire. »

– « les journalistes ? mais pourquoi ? »

– « Georgie, je sais que tu n’es pas habituée à cela. Mais les journalistes vont raconter toutes sortes de choses sur nous, nos familles quand ils apprendront la nouvelle du mariage et qu’ils verront ta grossesse. C’est pourquoi, je ne veux pas que tu souffres. « 

– « C’est si important ? »

– « Georgie, je comprends ta réaction mais tu es comtesse, à présent et nous appartenons tous deux à l’aristocratie. La presse est à l’affût de tous les événements qui pourraient être croustillants …. J’ai pensé que pour couper court à toutes les injustices que nous avons vécues, et pour clarifier la situation auprès de la noblesse, le mieux était de raconter notre histoire, notre fuite de l’hiver dernier. Ce n’est pas honteux … nous serions mariés depuis longtemps si ce maudit duc de Roussac n’avait pas manigancé tout ce mal contre nous. Je veux que tu sois libre, chère Georgie.  Tu mérites d’être honorée, tu as été assez rabaissée. Je t’aime mon amour et je m’engage à toujours de protéger et prendre soin de toi et de nos enfants.

– « Moi aussi, je t’aime. Laurent, tu as raison pour les journalistes. Ce sera mieux ainsi. Je n’ai rien à cacher, j’ai toujours agi selon mon cœur. Je t’ai tout donné, Laurent, mon cœur est à toi aussi longtemps que je vivrai. » 

Et elle se blottit dans ses bras en le remerciant encore de sa prévenance.

Ils souhaitaient tous deux un mariage simple sans grande réception. Georgie avait en horreur les mondanités et les discussions aristocratiques superficielles. Ils décidèrent que la réception aurait lieu à Sydney au palais du gouverneur qui serait fermé ce jour-là. Georgie avait demandé la faveur de se marier à Montfort là où elle avait vécu ses plus beaux souvenirs d’enfance et en hommage à ses parents, qui s’étaient mariés dans cette église. 

Elle se souvenait aussi de l’entretien qu’elle avait eu avec sœur Maria. Elle lui avait alors confié sa détresse, ses moments de mélancolie alors qu’elle réalisait qu’elle aimait encore Laurent. Elle lui avait dit qu’elle lui avait tout donné mais que cet amour était impossible. Et la sœur avait eu ces paroles rassurantes « Georgie, les voies de Dieu ne sont pas nos voies. Si le Ciel a décidé que cet amour était vainqueur du mal, vous vous retrouverez. Garde cette foi au fond de ton cœur. « Elle lui avait alors remis une petite croix, en lui recommandant de prier régulièrement avec tout son cœur, avec ses larmes.  Georgie repensait avec émotion à ce moment. Le miracle était aujourd’hui : Laurent était à ses côtés, Georgie souriait.

– « A quoi penses-tu mon amour ? »

– « Je remercie le Ciel pour sa fidélité, pour notre amour, pour notre bébé »

– « Georgie, je ne cesserai jamais de rendre grâce pour tant de bonheur. Et si nous donnions un prénom à notre bébé ? Nous n’y avons pas encore songé … »

– « J’y ai pensé énormément, cela occupait mes pensées quand j’étais mal. Je voulais lui donner le prénom de « John » comme mon père adoptif qui m’a tant aimé. »

– « C’est une belle initiative de ta part. Mais je préférerais que ce soit son deuxième prénom. Car ton père adoptif est parti, et je ne voudrais pas que notre enfant porte tout cela. J’espère que tu comprends mon point de vue. »

– « Oui, tu as raison, mais si c’est une fille, il faudra trouver un autre prénom. Sophia pourrait être son deuxième prénom. »

– « Oui, mais je suis sûr que c’est un petit homme. Il est combattif, il a résisté à tout ce que nous avons vécu …. Théodor serait un beau prénom … »

– « Théodor, ça me plaît. Et pour notre petite fille, je pensais à Victoria, comme la victoire de notre amour. »

Ils s’embrassèrent tendrement, heureux de la perspective d’être parents. 

Et pour la garde-robe du bébé et ma robe de mariée, oh, j’avais oublié la robe de mariée !

– « Laurent souriait, ne t’inquiète pas, Barbara a déjà commencé à la confectionner.

– « Mais  … »

– « Chut, c’est une surprise. Ils en ont parlé avec mon grand- père. Elle a pris tes mesures pour évaluer la taille pour que ta robe reste ajustée. Et, puis, comme ça, tu pourras te détendre et penser au bébé…

– « Et la layette ? »

– « Ne t’inquiète pas, ma grand-mère doit déjà être en train de tricoter les petites brassières. Et ma mère, de faire les boutiques … »

Et ils se mirent à rire. Bien que Georgie n’aie pas l’habitude de tout cela. 

– « Laurent, je voulais juste de demander une faveur. Je pourrai allaiter notre bébé ? »

– « Oh, normalement, cela ne se fait pas dans notre milieu, les mamans ont une nourrice. Mais il sera fait à ta guise, chère Georgie, tes volontés seront les miennes…. J’ai aussi une faveur à te demander … Quand nous rentrerons, nous irons visiter le manoir que mon grand-père a choisi pour nous. »

– « Le manoir ? ton grand-père ? »

– « Oui, Georgie, je l’avais chargé de choisir pour nous un lieu de vie en lui donnant mes critères. Je te propose que nous visitions le manoir ensemble, nous verrons si l’endroit te plaît. »

– « Mais nous n’avons pas besoin d’un manoir … »

– « Nous en aurons bientôt besoin … avec tous nos enfants »

Ils se levèrent pour se rendre à l’auberge prendre le repas. Laurent avait prévu d’emmener Georgie aux thermes l’après- midi. C’était une surprise. Elle devait y recevoir des massages. Il savait qu’elle ne connaissait pas ce bien-être et s’en réjouissait. Ils prirent donc la calèche pour se rendre à la ville voisine. Ils se promenèrent dans le parc des thermes, admirant les sources les plantes exotiques et les fleurs. C’était un enchantement pour Georgie qui s’extasiait devant la beauté du lieu et ses senteurs agréables. Puis Laurent la guida vers l’entrée des thermes.

– « Nous voici arrivés à destination.  Ma fiancée adorée va se faire dorloter … »

– « Quoi ? »

– « Chut, tu vas recevoir des massages. Je vais recevoir les miens de mon côté puis nous nous retrouverons dans le bassin avec cette eau à 37°. Tu verras à quel point c’est revigorant. »

– « Oh, Laurent, que ne ferais-tu pas pour moi ? Je t’aime …. Mais je n’ai pas de tenue adaptée. »

– « J’ai emmené ton maillot de bain …. C’est Barbara … »

– « Oh, Barbara, ma chère Barbara. » 

Et Georgie était une fois de plus émue. La vie était devenue plus belle que dans tous ses rêves. Elle ne se doutait pas que Barbara était déjà en train de confectionner sa robe de mariage, sur les consignes de Laurent. Elle avait décidé de faire une création rien que pour Georgie et de coudre des primevères qu’elle avait confectionnées en soie, sur la longue traîne de sa robe. 

Laurent et Georgie profitèrent encore de la journée du lendemain avant de rentrer à Sydney. Ils allèrent directement au palais, Edmund les attendait pour le dîner.

– « Bonsoir, grand père »

– « Bonsoir Laurent, tu es radieux, je vois que le séjour à Mengh a été profitable. »

– « C’est surtout la compagnie de ma chère et tendre fiancée qui me comble de joie. »

– « Bonsoir, Monsieur Grey… » 

– « Je vous en prie, appelez-moi Edmund ou grand-père. Vous faites partie de la famille. Installez-vous vite, vous devez être fatiguée après ce trajet et toutes ces émotions. » 

Le dîner se passa dans la joie. Edmund ne put s’empêcher de faire allusion au concours de boomerang. A peine eut-il présenté son boomerang de collection à Georgie, que celle-ci voulut le tester.

– « Il est à vous, si vous voulez. L’endroit n’est guère adapté à une démonstration de boomerang. » Et tous se mirent à rire … 

La date du mariage fut fixée au 1er septembre ; cela laissait un peu plus d’un mois pour les préparatifs. Laurent devait commencer sa formation à l’hôpital le 15 septembre. L’avenir de nos deux amoureux se construisait dans la joie et la sérénité. Toute la famille Grey, les Barnes étaient déjà sur la mer en direction de l’Australie pour fêter l’heureux événement et préparer la demeure des futurs mariés. Georgie devait retrouver son père au port le lendemain. Elle était impatiente, il lui manquait tant ! Elle n’imaginait pas les surprises que son père lui réservait ! Le Comte était très heureux du mariage. Laurent devenait Comte de Grey par son union avec Georgie ; il était rassuré quant aux intérêts de ses domaines.

episode 7 : UN SEJOUR EN AMOUREUX

Le village de Mengh n’était qu’à une heure de calèche de Sydney. Laurent avait réservé un petit chalet, dans un village de la montagne. Il savait que dans ce havre de paix, ils seraient préservés des curieux. Il avait tant rêvé de ses retrouvailles avec Georgie qu’il se sentait sur un nuage. Dans la calèche, il serrait Georgie contre lui, caressait son ventre. Il fut vivement touché lorsqu’il sentit le bébé bouger. Il lui parlait : 

  • – « Maintenant, mon ange, papa est là, tout va bien aller. Maman va se reposer. »

Sinon, il embrassait Georgie tendrement. Georgie se laissait happer par la profonde joie qu’elle éprouvait dans les bras de celui qu’elle aimait. Ce lien était devenu si fort dans la maladie. Il était là sauvé, de façon inespérée. Ce trajet en calèche n’allait as comme le dernier les séparer. Ils allaient passer des jours merveilleux enfin ensemble après ces longs mois.

  • – « Georgie, je t’emmène à Mengh. C’est un endroit magnifique, tu vas adorer. J’ai réservé un petit chalet, rien que pour nous. J’avais découvert cet endroit juste avant de te rencontrer. Il a toujours gardé une place dans mes pensées tant il invite à la poésie. Tu seras charmée, toi aussi.»
  • – « Oh, Laurent, j’irai au bout du monde avec toi. Mais promets-moi que nous ne serons plus jamais séparés. »
  • – « Chère Georgie, je ne lâcherai jamais ta main. Je serai toujours là. Tu m’as sauvée, je t’ai aimé dès notre premier regard. » Là-dessus, il resserra son étreinte et l’embrassa avec une passion que Georgie ne lui avait jamais connue. Georgie sentait en elle le désir de lui appartenir.  Laurent goûtait au paradis après avoir connu l’enfer. Il se sentait un homme nouveau. Le jeune homme peu courageux qu’il était avait laissé la place à un homme mûr, déterminé et rassurant. Il avait frôlé la mort, appréhendé ses mystères. Aujourd’hui, chaque instant était pour lui un don de vie à saisir, à transformer en bonheur. Seul l’amour dictait ses choix. Il avait réalisé à quel point, la seule raison était impitoyable devant la fragilité de l’homme. Lors du dernier souffle de l’homme, une seule chose subsistait finalement : l’amour. Celui qui l’aurait méconnu sa vie durant serait le plus malheureux des hommes au jour de sa mort. 
  • – « Georgie, tu ne dois plus t’inquiéter. Rien ne pourra jamais nous séparer, je t’aime. »
  • – « Laurent, je t’aime aussi, j’ai eu si peur que tu meures. Oh, mon amour. »

Sur ces derniers mots, ils étaient arrivés à destination. Le voyage leur avait paru court. Le cocher déposa leurs bagages à l’entrée du chalet et les conduisit à l’auberge non loin de là.

Laurent et Georgie s’attablèrent. Bientôt, ils furent servis. Laurent riait de voir le grand appétit de Georgie. 

  • – « Je vois que la gourmandise est restée ton pêché mignon … »
  • – « Euh, oui, elle se mit à rire. Je mange pour deux maintenant, tu seras privé de dessert ! Il faut bien que notre petit ange prenne lui aussi des forces … Tu sais, je le sens grandir en moi de jour en jour. »
  • – « Mon amour, tu peux être sereine maintenant. Je serai là tous les jours pour prendre soin de toi, même si je dois souvent être privé de dessert  ! » 

Georgie relata à Laurent ravi, sa rencontre avec son grand-père. Elle avait été impressionnée par sa seule présence, imposante. Très vite, il l’avait rassuré en lui souhaitant la bienvenue dans la famille et en lui ouvrant son cœur. Elle avait été très touchée par le fait qu’il avait connu Sophia dans sa jeunesse alors qu’elle était artiste à Londres. Il lui avait offert un tableau peint de sa main, représentant une mère qui lui ressemblait et son enfant. Pour Georgie, ce tableau était un trésor telle une image disparue mais immortalisée de l’amour de sa maman pour elle. Elle avait pressenti que c’était le tableau dont lui avait parlé Laurent alors qu’elle riait dans la grotte ! Qu’est-ce qu’elle avait été stupide ce jour-là !

– « C’est incroyable, tu m’étais destinée, Georgie. » 

Et ils se regardèrent intensément. En sortant de l’auberge, Laurent invita Georgie sur un banc. La vue de ce point-là était magnifique. On voyait le port de la presque-île et on pouvait distinguer les voiliers. En arrière-plan, les sommets verdoyants culminaient dévoilant leur luxurieuse végétation. 

– « Georgie, cet endroit me rappelle l’Italie. J’adore ces paysages de type méditerranéen ; j’y ai tant rêvé de toi, de ton rire, de ta présence chaleureuse, rassurante. Tu as touché et rempli mon cœur, Georgie, veux-tu m’épouser et devenir Madame Grey pour le meilleur ? »

Cette demande inattendue à ce moment, à cet endroit émut profondément Georgie.

– « Oui, Laurent, je veux vivre toujours à tes côtés et être ton soutien chaque jour que la vie nous donnera »

Alors, Laurent sortit de sa petite sacoche une bague d’émeraude qu’il mit au doigt de Georgie. La bague était un magnifique bijou que Laurent avait fait tailler et graver spécialement pour sa bien-aimée.

– « Elle est magnifique, « 

– « Comme toi, comme tes yeux, mon amour. » Il l’embrassa fougueusement. Il sentait à quel point il était bon d’aimer Georgie.  Il s’énivrait de ses cheveux. Il la prit par la main et l’entraîna vers le chalet.

Le chalet était simplement meublé d’un lit, d’une table, de chaises et d’un petit coin cuisine. Il comportait une petite salle de bains.  

Laurent désirait Georgie de tout son cœur mais il modérait ses ardeurs, craignant d’être trop brusque. La grossesse avait encore arrondi ses formes généreuses et il voulait la chérir de toute son âme et de toute sa force.  Il l’entraîna vers le lit lui embrassant la nuque. Georgie frissonnait et s’abandonna bientôt, vaincue par la tendresse de cette étreinte. Bientôt, leurs vêtements tombèrent et leurs corps s’entrelacèrent. La magie de l’amour scintillait : ils se découvraient, se caressaient, leurs corps célébrant la profondeur cachée de l’amour. Des vagues de volupté les envahissaient l’un et l’autre, jusqu’à l’apogée de la joie suprême de ce moment. Ils étaient heureux, énivrés de joie, enfin réunis. 

– « Je suis une princesse dans tes bras Laurent.  Elle se laissa à nouveau attirer dans le feu de leur amour. Laurent était fou de l’aimer ainsi, il était le plus heureux des hommes. Son cœur était comblé de tout l’amour qu’il recevait de celle qu’il aimait. Il était subjugué par sa beauté dévoilée. Il sentit bientôt la réalité se dérober. Ils s’endormirent bientôt dans les bras l’un de l’autre.

Lorsqu’ils se réveillèrent, la fin de journée s’annonçait déjà. Le ventre de Georgie criait famine, ce qui faisait rire Laurent et rougir Georgie. Ils se rendirent donc au village en contrebas pour acheter quelques fruits qui rassasièrent Georgie puis se promenèrent au port main dans la main.