Chapitre 9 – Confidences

Le petit Abel grandissait. Il venait de fêter ses quatre ans.  C’était un petit blond aux cheveux bouclés avec de grands yeux bleus. Il aimait déjà la musique ; son grand-père faisait venir un professeur de piano du Conservatoire chaque semaine. Pour le professeur, l’enfant était doué. Cela plaisait beaucoup au Comte, qui malgré ses désirs de jouer avait toujours été médiocre en la matière. Un jour, il osa enfin aborder le sujet qui le tracassait depuis que Georgie était revenue d’Australie. 

-« Ma chérie, je voudrais te parler de choses très personnelles. Je me le permets aujourd’hui car il me semble que nous avons un rapport de confiance. »

Ces mots sonnèrent violemment dans la tête de Georgie. Elle redoutait la question qui allait venir, en connaissant déjà la teneur.

-« Oui, père, je vous écoute. »

-« Georgie, le petit Abel  Junior ne ressemble en rien à notre cher Abel, aujourd’hui disparu. J’ai du mal à le dire mais il ressemble beaucoup à Laurent. C’est frappant, le même visage. »

– Georgie avait les larmes qui coulaient sur ses joues. 

-« Père, vous avez vu juste ; je n’ai pas eu de relations intimes avec Abel ; nous voulions attendre la nuit de noces. Quand Abel et moi avons décidé d’être ensemble, je ne savais pas que j’étais enceinte, je ne ressentais rien. J’aurais tant voulu que cet enfant soit celui d’Abel. Alors, j’ai gardé le secret en espérant que personne ne découvre jamais la vérité. Je suis blonde aussi, Abel avait les yeux bleus. Je ne pensais pas que quelqu’un pourrait se rendre compte de quelque chose. Laurent et moi avons eu des relations pendant notre fuite, peu avant que je ne le rende à Elise. Il était malade, il allait mourir, je n’ai jamais imaginé une seule seconde que je pourrai être enceinte. »

-« Que vas-tu faire ? »

-« Je vais continuer à vivre en chérissant mon enfant. Son père de cœur est Abel. Laurent est marié à Elise, nous n’avons plus rien à faire ensemble. C’est ainsi. »

Le Comte prit sa fille dans ses bras lui assurant qu’il ne la jugeait pas. Il comprenait la situation. Elle était très courageuse ; elle avait choisi la bonne solution. 

Mais son père était inquiet pour son avenir.

-« Georgie, tu as 22 ans dans quelques semaines. Tu as le droit au bonheur. Abel ne reviendra plus même s’il sera toujours dans ton cœur. Tu devrais penser à Abel Junior, il a besoin d’un papa. Et toi, tu es merveilleuse ; tu mérites d’être heureuse, de te marier. Le passé est derrière toi, mais l’avenir s’ouvre à toi. « 

– « Père, je te remercie mais je ne me sens pas prête à vivre une relation amoureuse. J’ai l’impression de porter malheur aux hommes que j’approche. »

-« Ce sont des idées fausses, ma chérie. La vie a été dure avec toi ; elle l’a été avec moi aussi. J’ai perdu Sophia et je ne t’ai pas vu grandir. Pour autant, j’ai choisi d’être heureux aujourd’hui. J’aimerais tellement ton bonheur, ma chérie. C’est pourquoi, je voudrais te présenter Tristan. C’est le fils du Comte Ramazi et l’inviter à la réception de ton anniversaire. »

-« Mais papa, tu ne comprends pas. Je me sens incapable d’aimer à nouveau. J’ai reporté tout mon amour sur le petit Abel. »

-« Réfléchis, ma chérie. Les années passent vite, ne te renferme pas sur toi-même. Le comte Ramazi Jr est un homme doux, d’une grande gentillesse. Il a 30 ans, c’est un grand travailleur, comme toi et amateur de théâtre. Je pense que vous pourriez bien vous entendre. »

-« Je te remercie papa pour toute tes bonnes intentions. J’accepte de le rencontrer pour te faire plaisir. »

-« Tu ne le regretteras pas. »

La discussion fut interrompue par le petit Abel qui venait se jeter au cou de sa maman. 

Georgie fit la connaissance de Tristan, il était charmant, de grands yeux noirs, des cheveux bruns. Il avait été touché par la beauté de Georgie. Comme elle, il aimait le théâtre et c’est ce qui les rapprocha. Ils sortaient ensemble fréquemment, dinaient au restaurant. Ils s’entendaient bien. Les journaux ne tardèrent pas à faire miroiter que la Comtesse et le fils du Comte Ramazi se fréquentaient. Effectivement, le Comte était très épris de Georgie. Il connaissait son histoire et ne voulait pas la forcer. Il attendait qu’elle se sente prête. Le petit Abel était très mignon et il était disposé à l’adopter. 

CHAPITRE 8 : RETOUR A LONDRES

Georgie arriva à Londres. Le Comte était si heureux de la retrouver. Il avait invité à dîner Dick et Emma et les Barnes qui se firent une joie d’entourer Georgie. Georgie eut un pincement au cœur lorsqu’elle vit qu’Emma était enceinte mais elle se retint. Elle était heureuse de revoir ses amis, ils lui avaient tous manqué. Georgie et le Comte qui n’avaient passé que peu de temps ensemble, et dans de tristes circonstances, apprenaient à se connaitre. Georgie fut émue de découvrir toutes les toiles peintes par sa mère, notamment celles qui la représentaient enfant. Sa mère devait la chérir ; les tableaux étaient magnifiques. Georgie avait demandé à son père de lui acheter le matériel nécessaire pour peindre. Elle souhaitait elle-aussi s’y mettre.  C’est ce qu’elle fit ; le Comte était impressionné par la dextérité de sa fille qui sans aucun cours croquait des paysages avec une facilité déconcertante. Tous les jours un précepteur venait donner à Georgie des cours en lettres et en italien. L’Italie était la patrie de Sophia et le Comte souhaitait que Georgie maîtrise la langue.  Elle était une bonne élève et progressait à grands pas.  Elle s’était prise de passion pour le théâtre ; son père grand amateur ne ratait quasiment aucune représentation du moment. Elle s’était mise à lire les œuvres théâtrales ; cela était une consolation pour elle. Les histoires lui permettaient d’oublier sa peine qui sommeillait dans le secret de son cœur.

Trois mois étaient passés depuis son retour. Elle demanda un jour au Comte si elle pouvait retravailler. Celui-ci fut d’abord interloqué par la question. Mais Georgie y tenait. Elle lui expliqua qu’elle ne pouvait plus ne rien faire, ayant toujours eu à travailler depuis sa plus tendre enfance. Le Comte était très ami avec Carla, une amie de Sophia, italienne elle-aussi qui était costumière. C’était une artiste qui travaillait pour les plus grands théâtres et opéras d’Europe. Il décida d’amener Georgie à son atelier. Elle fut fascinée par cet univers féérique qui la faisait rêver. Quand Carla proposa à Georgie de faire un essai, elle fut enchantée. L’essai se passa si bien que Georgie fut aussitôt engagée. Carla s’était rapidement attachée à la jeune fille qui ressemblait tant à sa mère, sa chère amie. 

Chapitre 2 – douleur

La ville de Londres s’éveillait lentement, Lowell était alité depuis une semaine, son état de santé avait empiré. Il savait qu’il ne passerait pas la fin du mois… depuis sa séparation avec Georgie, il en venait à espérer secrètement sa fin, il faisait tout pour empêcher quiconque et surtout Elise de venir lui rendre visite. Ses parents avaient été avertis de son retour et ils n’avaient aucunement manifesté l’envie de le voir… sauf sa grand-mère qui faisait tout pour bien préparer son éventuel retour chez lui. Seulement Elise veillait au grain ! Elle échangeait de longues lettres avec la vieille dame et savait se faire très persuasive. Lowell était tellement absorbé dans ses pensées, qu’il entendit à peine la porte s’ouvrir et se refermer assez discrètement, Elise se tenait dos à la porte, elle portrait une ravissante robe beige, elle s’avança et se mit à tourner sur elle-même, la jeune fille eut un petit rire amusé.

« Êtes-vous surpris de me voir Lowell ? Comment trouvez-vous ma robe ? » Elise s’assis sur le rebord du lit, regarda son fiancé avec un de ces regards les plus tendres.

– Très belle, Elise… lui dit indifféremment celui-ci.

– Elle vient de la boutique de Madame Willium, elle est en fine dentelle française, une véritable merveille. La jeune fille regarda son fiancé de plus près, elle s’inquiéta en voyant que sa peau était presque transparente. “ Lowell je… “, celui-ci lui coupa la parole.

– Elise, voulez-vous avoir l’amabilité de vous retirer, j’aimerais me reposer. Elle lui obéit a contre-coeur, se levant du lit et lui dit :

– Très bien… mais comptez sur moi pour faire venir un médecin dès aujourd’hui pour vous consulter ! Elle s’apprêtait à partir quand Lowell, la retint en lui attrapant le bras.

– Elise ! Ne faites… il ne put pas terminer sa phrase, une horrible quinte de toux s’empara de lui, Elise se pencha pour le soutenir, elle remarqua des taches sombres, rouges sur le drap, du sang…

– Mon Dieu Lowell ! A l’aide ! Cria-t-elle.

Ses parents et quelques serviteurs accoururent dans la chambre, en entendant l’appel de la jeune fille, ils trouvèrent Lowell allongé sur le lit plus pale que la mort, la chemise poissée de sang, Elise accroupie sur le sol en larmes, “ appelez un médecin, je vous en prie… “ répétez-t-elle.

xxx

Le docteur était enfermé dans la chambre depuis une demi-heure avec Lowell, Elise était au bord de la crise nerf ! elle arpentait de long en large le couloir qui séparait sa chambre de celle de Lowell comme un lion en cage, elle n’en pouvait plus d’attendre le verdict du docteur. Sa mère vint la chercher :

« Elise, venez avec nous dans le grand salon, il est inutile que vous restiez à attendre là, nous sommes aussi inquiets que vous pour ce pauvre Lowell ! Je vous en prie venez… »

La jeune fille fit un effort magistral pour suivre sa mère et retrouver son père dans le salon. Violette montra du doigt le confortable canapé en bois blanc à sa fille, elle y prit place et commença à piétiner d’impatience.

– J’ai un cadeau pour vous mon ange ! Violette sortit d’un secrétaire une petite boîte et la tendit à Elise.

– Mère… Je n’ai vraiment pas envie d’accepter votre présent maintenant !

– Vous n’avez pas le droit de refuser petite fille !

Elise fit légèrement la moue, elle détestait quand sa mère la prenait pour une enfant, elle allait avoir quinze-ans dans deux mois, c’était une jeune fille en âge de se marier et de fonder sa propre famille. Elle prit la boîte des mains de sa mère et l’ouvrit, elle en sortit un face-à-main en bronze. Elise regarda un instant son reflet dans le miroir, elle avait les traits tirés. Le docteur fit son apparition à cet instant, il se tint droit devant Elise et ses parents avec un air grave…

« Comte Dangering, l’état de monsieur Gray me dépasse… C’est très grave… Il faut qu’il rentre dans un hôpital au plus vite ! il ne faut pas attendre, sa vie en dépend…

Elise lâcha l’objet précieux qui fit un bruit sourd en tombant au sol , “ Non… “ , elle porta ses mains sur sa bouche. Charles se leva de son fauteuil et s’approcha du docteur.

– De quoi souffre-t-il ?

– Monsieur Gray souffre de la tuberculose, il faut le faire entrer dans une des meilleures cliniques de Londres où des spécialistes pourront s’occuper de lui.

– Je vous remercie docteur, je vais prendre les dispositions nécessaires.

Charles accompagna le médecin jusqu’à la porte d’entrée, tout en continuant à discuter avec lui, Elise affalée dans son fauteuil était en état de choc ! Son Lowell n’avait plus que quelques semaines à vivre… il n’y a que lorsqu’elle entendit son père frapper dans ses mains, qu’elle sortit de sa torpeur.

  • Max ! Préparez la calèche immédiatement ! Nous partons sur-le-champ à l’hôpital Royal.

XXX

Lowell avait été opéré deux jours plus tard et il s’en remettait doucement chez lui depuis un mois. Un spécialiste de l’hôpital lui avait déconseillé de rester à Londres pendant un certain temps à cause de la température trop froide, il n’avait pas pu mourir… quitter l’Angleterre pour soigner son coeur meurtri ne lui déplaisait pas… dès qu’il serait bien rétabli, il annoncerait son départ à sa famille, il avait envie d’aller dans un pays où le soleil brille. Il rêva soudain de l’Italie, un ciel bleu, des lacs, un air pur… il se referait une santé. Il pensa soudain à Elise, peu de temps après son opération, il avait appris que sa famille était tombée en disgrâce à cause d’un complot de son oncle qui avait tenté d’assassiner la reine. Le pire fut d’apprendre la mort d’Abel qui avait tué le cousin d’Elise en se faisant passer pour Cain. Il avait un peu de peine pour eux, car ils n’avaient pas hésité à le recueillir, le soigner… comme c’étaient eux et non ses parents qui avaient payé la coûteuse opération. Ils avaient étaient obligés de fuir dans une maison de campagne, seule Elise avait refusé de suivre ses parents, elle vivait seule dans la maison familiale avec quelques serviteurs, elle était devenue une vraie paria à la cour, ses amies ne venaient plus la voir et la méprisée… mais malgré ça, elle gardait la tête haute et souvent elle venait le voir pour lui apporter des fleurs, lui raconter des histoires. Au fond de lui, il avait une certaine admiration pour sa force de caractère. Il décida de se lever de son lit et de se rendre dans la bibliothèque pour lire devant la cheminée, il trouva un vieux livre qu’il adorait étant enfant, il s’installa confortablement dans un fauteuil et commença à le feuilleter quand on vint lui annoncer la visite d’Elise.

Chapitre 1 – Un retour inespéré

Les personnages sont la propriété de Mann Izawa et de Yumiko Igarashi.

Ce soir-là, Elise était seule à se ronger les sangs dans sa chambre, assise sur son lit à réfléchir à quel endroit pouvait bien se cacher Lowell, ses parents étaient conviés à une réception mondaine chez la comtesse de Savoie. La jeune fille refusa de s’y rendre en prétextant une affreuse migraine… En réalité, elle avait honte de paraître devant une foule de gens qui savaient depuis ce fameux Bal de la Reine, que son fiancé s’était enfuie au bras d’une inconnue. Elise posa ses mains sur ses tempes…

« Quel déshonneur… » murmura-t-elle.

Une succession de petits coups se firent entendre vers la porte de la chambre. Elise se leva subitement du lit, elle ne voulait pas qu’un serviteur puisse la voir dans cet état, la jeune fille était très fière de nature.

– Entrez !

Une jeune servante entra dans la pièce.

– Le salon privé de Mademoiselle est prêt.

Elise, se dirigea d’un pas rapide vers la porte et passa à côté de la jeune femme et se rendit dans un couloir faiblement éclairé, elle s’arrêta et se retourna vers sa servante.

– Dina, veuillez me préparer une tasse de thé et me l’apporter dans mon petit salon.

– Oui, Mademoiselle. Fit la jeune fille, en se tenant les mains serrées et en baissant la tête.

Dina, s’éclipsa aussi rapidement qu’elle était venue. Elise entra dans ce petit salon où brûlait un agréable feu dans la cheminée et elle alla au milieu de la pièce ou se trouvait un magnifique piano noir. Depuis sa plus tendre enfance, Elise aimait venir dans cette salle où elle et Lowell avaient partagé tant de jeux secrets… Rien qu’à cette pensée, ses doigts se crispèrent sur un pan de sa robe. Il fallait qu’elle se calme, elle fixa de ses yeux violets le piano et s’avança vers le petit tabouret ou elle prit place. Ses doigts frôlèrent les touches et elle entama un morceau de Beethoven “ L’Appassionata “ elle ferma les yeux et se laissa emporter par la mélodie, elle s’arrêta brusquement de jouer et prononça dans un souffle “ Lowell “ seul le mouvement presque imperceptible de ses épaules pouvait montrer qu’elle pleurait.

Un bruit de pas très rapide se fit entendre dans le couloir, à l’évidence une personne courait ! Elise s’essuya les yeux rapidement d’un revers de la main, elle entendit la porte s’ouvrir, sans même qu’elle n’y ait pas donné l’ordre d’y pénétrer. C’était la jeune servante, elle avait l’air complètement essoufflé.

« Eh bien Dina ! Qu’avez-vous donc ? » Dit Elise assez contrariée.

– Mademoiselle ! Il y a quelqu’un pour vous. Monsieur Lowell Gray est là !

Elise eut besoin de poser ses mains sur le piano pour se soutenir, en se redressant, ses jambes vacillèrent et elle peina à tenir debout; elle devint blême, malgré la température ambiante de la pièce.

Lowell… elle se reprit et se précipita hors de la pièce en courant, Dina eut seulement le temps de s’écarter pour éviter une collision avec sa maîtresse.

Elise sorti rapidement de la maison et vit son majordome devant une simple calèche.

– Max ! Est-ce vraiment lui ? Elle s’arrêta devant la voiture, prise de légers tremblements.

Le vieux Max acquiesça d’un mouvement de tête et ouvrit la portière, Elise s’approcha et se pencha à l’intérieur et vit Lowell endormie comme un ange, il était si beau, son coeur se serra et elle ne put s’empêcher de verser des larmes en disant “ Lowell… Lowell, mon amour “. La jeune fille monta dans la calèche, s’asseyant sur la banquette arrière à côté de Lowell, elle le secoua doucement, il ouvrit péniblement ses yeux azur, il eut un moment peur en voyant le visage d’Elise et non celui de sa compagne.“ Je suis dans un mauvais rêve et Elise n’est pas devant moi… “ pensa-t-il. Mais tout semblait si réel pour le pauvre Lowell, il sursauta quand il sentit le contact de la main d’Elise sur sa joue, il devint en sueur… “ Georgie… où es-tu donc ? “ Il la chercha du regard, mais rien autour de lui, le néant. Le choc de se retrouver face à Elise et la maisonnée de celle-ci, le paralysa d’effroi, il n’arrivait même pas à parler. Il eut un léger malaise comprenant que Georgie lui avait menti et l’avait laissé à son ex-fiancée.

– Lowell ! Vous vous sentez mal ! Max ! Emmenez mon fiancé à l’intérieur de la maison.

Le majordome obéit à sa maitresse et aida le jeune homme à sortir de la calèche, personne ne se doutait à cet instant qu’une jeune fille blonde observa au loin toute la scène le coeur brisé…

XXX

Lowell avait à peine eu le temps d’être confortablement assis dans un canapé du grand salon, que les parents d’Elise, arrivèrent de leur soirée. Ils furent très surpris de le revoir et encore plus en compagnie de leur fille qui était aux petits soins pour lui ! La mère d’Elise s’avança vers eux.

« Lowell ! Quelle heureuse surprise de vous voir… Vilain garçon ! Vous nous avez causé bien des soucis… »

Violette Dangering, se tourna vers sa fille et pensa “ mon Elise à l’air si heureuse “, elle lui adressa un grand sourire, que sa fille s’empressa de lui rendre. Charles Dangering, lui, eut beaucoup plus de réserve à l’égard de son invité surprise, il avait aimé le jeune homme comme un fils… Mais il avait très mal accepté le fait qu’il ait pu quitter sa fille pour une autre.

– Elise, j’ai à vous parler. Il lui fit un signe de la main pour lui montrer une petite salle.

La jeune fille suivit son père en silence jusqu’à que celui-ci ferma la porte derrière eux. Cet endroit ne lui plaisait guère, elle vit son père comme très souvent s’installer à son fauteuil devant son bureau et allumer un cigare.

– Elise… J’ai à vous parler sérieusement ! Vous vous doutez que cela concerne votre Lowell ! Je ne le trouve plus digne de vous.

Elise s’avança vers son père et osa poser ses deux mains sur le bureau, elle savait qu’elle risquait d’avoir une sacrée punition pour son manque de respect envers lui.

– Je refuse de rompre mes fiançailles avec Lowell ! Oubliez-vous combien une telle union serait bénéfique à notre famille ?

– Je reconnais que la fortune de la famille Gray est considérable pour des gens qui n’ont aucuns titres, mais le comportement de ce jeune homme me déplaît fortement ! Charles écrasa son cigare dans le cendrier, assez irrité.

– Père… Je pense qu’il n’y a plus à s’inquiéter… s’il est revenu, c’est qu’il a réalisé que… Elise s’arrêta de parler et rougit un peu, son père remarqua son trouble.

– Vous l’aimez n’est-ce pas. Elise regarda son père droit dans les yeux et lui dit d’un ton calme “ oui “, elle n’avait plus honte de l’affirmer maintenant.

Charles se tut un instant face à sa fille et soupira, il s’enfonça encore plus dans son fauteuil. Il ne pouvait plus rien faire, il comprit que l’amour d’Elise envers Lowell était des plus sincères et savait la partie perdue d’avance… il ne pouvait même pas compter sur son frère qui exauçait les moindres désirs de sa fille. Il se leva et se dirigea vers la porte pour sortir.

– Il faut qu’il retourne chez lui au plus vite, sa grand-mère doit être morte d’inquiétude…

Elise se mordit la lèvre inférieure, rien que l’idée de voir Lowell se séparer à nouveau d’elle lui était insupportable, Elle s’approcha de son père et se fit câline, elle se lova contre son père.

– Je vous en prie… laissez Lowell ici, il a l’air si faible… Charles avait beaucoup de mal à résister quand sa fille le prenait par les sentiments. “ C’est vrai qu’il a l’air malade, bon… Je vous l’accorde! “ Elise se dressa sur la pointe des pieds et déposa un léger baiser sur la joue de son père et quitta la pièce heureuse. Elle venait de remporter la victoire. Elle retrouva sa mère dans le grand salon mais pas de trace de Lowell. Violette avertit sa fille qu’il avait désiré rejoindre sa chambre et y rester seul, pour pouvoir se reposer et qu’il ne voulait pas être dérangé…

CHAPITRE 7 : L’ELAN DE LA VIE

Georgie en fut vivement touchée, cette lettre lui mit du baume au cœur. Laurent avait pensé à elle. Elle était également heureuse pour lui, ayant appris la nouvelle de sa guérison et qu’il était marié avec Elise. Elle ne dit mot de cette lettre à personne. Elle mentit à Arthur en lui disant que ces nouvelles venaient des Barnes. Ce jour-là, elle avait décidé de se battre.

Laurent avait été bouleversé de la nouvelle. Il avait accusé le coup en apprenant qu’elle devait épouser Abel et un choc en apprenant sa mort. L’histoire était pour lui d’une cruauté sans pareil, d’autant qu’elle était enceinte. Il avait réalisé à nouveau à quel point il aimait Georgie. Il en était malheureux. Il était maintenant marié à Elise et c’était à elle qu’il devait son amour. Il s’efforçait de l’aimer. Mais c’était un effort de sa part. Il commença donc un travail sur lui-même pour oublier Georgie, se jetant à corps perdu dans le travail. Elise était inquiète pour son mari. Elle sentait qu’il était perturbé. Elle ne savait pas que Laurent avait écrit un billet à Georgie. Bien qu’elle ait appris l’affreuse nouvelle, elle n’en avait pas parlé, se doutant que Laurent n’était pas indifférent aux événements. Cependant, elle réalisait encore que l’événement coïncidait avec le changement de comportement de Laurent. Elle en était affligée. Elle multipliait les câlins sans qu’elle ressente la réciprocité des sentiments de Laurent. Il lui semblait que celui-ci ne faisait qu’accomplir avec délicatesse ses devoirs d’époux. Mais elle voulait bien vivre cette situation, se disant que les choses prendraient certainement un peu de temps avant de s’estomper.

Son bébé naquit quelques mois plus tard. Bien qu’il ait près d’un mois et demie d’avance, c’était un petit garçon magnifique. Il se portait à merveille. Son visage était arrondi, on aurait dit un chérubin. Georgie l’appela naturellement Abel. Son deuxième prénom était John. Après la naissance, le Comte était reparti, satisfait que Georgie ait repris goût à la vie. Il espérait cependant qu’elle choisisse de rentrer à Londres pour demeurer à ses côtés. De plus, il espérait pouvoir donner une instruction à son fils, pour qu’il soit l’héritier de tous ses biens.

Les années étaient passées. Arthur s’était marié à la fille de Mme Potters. Georgie se sentait désespérément seule en Australie. Son deuil était terminé. Elle se rendit cette année-là chez son père pour fêter Noël. Elle décida de rester définitivement à Londres après les fêtes.

CHAPITRE 6 : LAURENT

Laurent, de son côté avait épousé Elise. Il s’était résolu à ce mariage malgré les sentiments qu’il éprouvait encore pour Georgie. Le séjour en Italie avait été profitable. Il s’était rapproché d’Elise, réalisant qu’elle était pleine de qualités qu’il n’avait jamais pris le temps de découvrir. Elle était prévenante, organisée. C’était une femme capable de porter les responsabilités. Elle l’aidait énormément au quotidien, par ses encouragements en lui témoignant une grande affection. Sa jalousie s’était dissipée. Depuis la soirée, elle savait que Laurent était enfin à elle. Elle en éprouvait une joie immense. Elle était triste qu’il soit aussi malade. Le quotidien était lourd à porter. Sa maladie le fatiguait énormément et leur vie manquait d’animations. Les soirées, les salons lui manquaient, elle qui aimait tant les relations. Mais cela n’était rien pour elle à côté de Laurent, Laurent dont elle était éperdument amoureuse. Il avait enfin consenti à la prendre dans ses bras, à l’embrasser. Elle se sentait belle, aimée, lavée de sa honte. 

Le mariage fut grandiose. La noblesse londonienne y avait été conviée. Le Comte avait décliné l’invitation. Il avait cependant envoyé ses félicitations avant son départ pour l’Australie, pensant au fond de lui-même que sa fille était passée à côté de l’amour de sa vie. En Australie, il s’était gardé d’annoncer la nouvelle à Georgie, ne voulant pas perturber celle-ci. Finalement, il fut surpris de voir que celle-ci avait rapidement refait sa vie. Il avait accepté la situation. La mort d’Abel l’avait profondément meurtri, d’autant plus que sa fille était enceinte et qu’elle allait devoir élever l’enfant seule. Un jour, pourtant, Georgie sortit de sa torpeur. Les larmes de son cœur ne coulaient plus. C’était un mois après le décès d’Abel. Une lettre, cachetée de cire était arrivée de Londres. Arthur avait été vivement interpelé par ce courrier, arrivé à la ferme Bäcker. La lettre ne portait pas le nom de son expéditeur. Georgie prit d’abord peur mais reconnut assez vite l’écriture. C’était une lettre de Laurent. Elle s’empressa de l’ouvrir dans le secret de sa chambre.

Très chère Georgie,

Je viens d’apprendre par les nouvelles ce qui était arrivé. J’en suis profondément désolé pour toi. Je voulais te dire que mes pensées accompagnent ta peine.

Sois assurée de mon soutien

Affectueusement

Laurent

CHAPITRE 5 : LE DESTIN S’ACHARNE

Abel avait trouvé ses marques dans l’atelier du port. Ils étaient occupés à monter un nouveau navire. Il voulait faire la surprise à Georgie et l’emmener en escapade à bord de ce bateau, qui devait devenir l’emblème de la maison Allen en Australie. Ce jour-là, il devait monter sur le mât pour procéder aux réglages. Il était solidement attaché. 

Malheureusement, une violente bourrasque se leva alors qu’il était en hauteur. En un instant, la roue s’était transformée en tourniquet. Les cordes l’emprisonnaient ; il ne pouvait plus bouger. En essayant de se délier pour redescendre, le harnais cassa. Il fut projeté au sol. Il tomba inanimé.

Les occupants du navire voisin avaient assisté impuissants à la chute. Ils firent transporter Abel à l’hôpital. Georgie, prévenue accourra affolée. Elle tenait la main d’Abel qui avait repris conscience. Elle lui murmurait, sans savoir s’il la comprenait : Je suis là, ne t’inquiète pas. Tout va bien se passer. Abel reçut des sédatifs tant la douleur était intense. Il finit par s’endormir.

Le médecin convoqua Georgie, lui annonça que sa rate avait éclaté et que seule l’opération pourrait le sauver. Le Comte consentit immédiatement à l’opération. Abel fut opéré dans les heures qui suivirent, subissant une greffe. Georgie ne le quittait plus. Elle restait nuit et jour à ses côtés. Elle lui tenait la main, leurs yeux se disaient tout l’amour qu’ils avaient l’un pour l’autre. Malheureusement, ce matin-là, Georgie sentait qu’Abel n’allait pas. Il était brûlant, la fièvre avait grimpé. Elle relayait les compresses pour essayer de calmer la fièvre. Mais il n’y avait rien à faire. Abel fut pris d’une violente douleur, ses traits se crispèrent. Il prit les mains de Georgie qu’il serra contre son cœur. Il expira. Georgie hurlait, ce n’était pas possible, pas son Abel … son père la prit dans ses bras, comprenant ce qui s’était passé. Les médecins tentèrent de le ramener à la vie sans succès. Georgie pleurait. Son père l’invita alors à sortir dans le jardin pour qu’elle se détende. Il la serrait dans ses bras pour qu’elle épanche son chagrin. Elle voulut revenir pour serrer encore Abel contre elle, elle ne voulait pas croire en sa mort. C’était un cauchemar, ils étaient si heureux. Mais en se relevant, elle tomba dans les bras du Conte. Elle venait de faire un malaise.

Les médecins l’allongèrent, puis l’examinèrent. Ils lui annoncèrent qu’elle était enceinte. Elle apprenait le même jour la mort, irréversible de son amour et le fait qu’elle attendait un bébé. C’en était trop. Elle resta enfermée dans sa chambre 4 jours et 4 nuits. Elle s’alimentait car elle ne voulait pas perdre le bébé. Ce bébé la rattachait à la vie. Elle était torturée par ses pensées. Le jour des obsèques, elle fit preuve d’un grand courage, déposant un dernier baiser sur le front d’Abel avant qu’il ne soit emporté dans la terre. La terre d’Australie était finalement maudite. Elle avait englouti tous ses rêves et ses espoirs. Elle rentra et demeura désormais à côté de son père. Elle reprenait progressivement goût à la vie, ne retournant cependant plus aux endroits où elle se promenait avec Abel, ni à la ferme. Elle passait de longues heures devant la tombe d’Abel, lui parlant en secret. Elle avait l’impression que la douce brise du vent lui répondait. Son père, cependant la trouvait perturbée. Il y avait quelque chose dans son regard qui avait changé.  Il ne comprenait pas qu’elle ne se réjouisse pas de la naissance prochaine de son enfant. Elle, qui rêvait d’être mère n’avait encore rien préparé pour la naissance de l’enfant. Le Comte s’en inquiétait.

CHAPITRE 4 : HEUREUX PROJETS

Le surlendemain, Georgie avait cuisiné un gigot. Les fromages étaient à point. Elle s’y était attelée dès le soir du retour, canalisant ainsi son énergie. Elle avait suivi les conseils de Mme Bäcker et il lui avait semblé qu’elle était présente. Ce jour-là, c’était elle la maîtresse de maison. Elle avait également cueilli des jonquilles pour embellir la table. Tout devait être parfait. Abel et Georgie souhaitaient déjà fêter leurs fiançailles.

Lorsque Kévin arriva, il était radieux de retrouver cette joie qui lui manquait tant. Les lieux inhabités étaient tellement vides ! Enfin, la vie reprenait ses droits. Il avait croisé le regard d’Abel sur Georgie et le regard qu’elle lui rendait à son tour.

-« Les enfants, m’avez-vous tout dit, il me semble que … «

Il fut interrompu par Abel , heureux d’annoncer, « Georgie et moi voulions vous annoncer que nous projetons de nous marier ». Il sortit de son sac un écrin et une bague en émeraude qu’il mit au doigt de Georgie. Je te remets cette bague en gage de mon amour. »

Georgie se jeta dans ses bras sous les applaudissements d’Arthur et de Kévin. Arthur avait un pincement au cœur, il n’était pas jaloux. Ce qu’il avait tant voulu freiner venait d’arriver. Rien n’avait pu empêcher cet amour d’éclore.  Kévin se souvenait de sa conversation avec Mary, si inquiète pour ses fils. Elle aurait été fière de les voir si heureux ensemble, c’était le destin. Kévin avait proposé à Abel une nouvelle fois de reprendre la ferme. Celui-ci avait refusé, lui expliquant que Mr Allen lui avait réservé une place de responsable pour sa nouvelle agence à Sydney. Cela lui permettrait de subvenir aux besoins de sa famille. Georgie, de son côté envisageait de se mettre à son compte comme couturière. Elle ne voulait pas bénéficier de l’argent de son père. Elle aspirait à travailler, sa nature ne pouvait se complaire dans une vie facile, à ne rien faire. La couture était sa passion et elle avait beaucoup d’idées en ce domaine, cela la portait. La journée s’acheva sous le soleil brûlant d’Australie. Georgie s’endormit, en paix avec elle-même, comme cela ne lui était pas arrivé depuis des mois. L’oncle Kévin avait discrètement donné des plans de menthe à Arthur ainsi qu’une racine qu’il devait cultiver. Effectivement, les premières décoctions lui permirent de retrouver son sommeil. Les envies compulsives semblaient s’espacer. Avec le temps, il avait confiance de sortir enfin de l’enfer dans lequel il avait été plongé malgré lui.

Le destin allait aider Georgie dans ses projets. Elle s’était rendue avec Abel ce matin-là à Montfort pour revoir la sœur Maria. Ils voulaient faire part de leur projet de mariage avec Abel, non sans que Georgie ait raconté au préalable son histoire dramatique. La sœur fut vivement touchée par son témoignage. Georgie s’était gardée de parler de Laurent. Il lui semblait déjà qu’il était loin et qu’un nouvel avenir s’ouvrait devant elle. Maria informa donc le prêtre des paroisses environnantes de ce projet. Le père Matthieu était déjà très âgé, il avait marié le couple Bäcker ; il se réjouissait donc de célébrer les noces d’Abel. Le mariage devait se dérouler dans deux mois, pour laisser au Comte le temps de s’installer. En sortant de l’église, ils rencontrèrent Barbara qui les invita à la maison. Finalement, ils y restèrent pour le déjeuner car la matinée était déjà bien avancée. Apprenant les projets de Georgie, elle lui proposa de travailler à ses côtés. Elle savait qu’elle était douée. Georgie, ravie de cette perspective commença le travail dès la semaine suivante, dans la maison de Montfort.

Deux semaines plus tard, le bateau de son père arriva enfin. A son arrivée, elle le serra fort dans ses bras. Ils dinèrent dans un restaurant chic de Sydney. Quand elle annonça à son père son mariage avec Abel, celui-ci était heureux mais ressentait un sentiment mitigé. Il s’inquiétait de sa succession dans les domaines. Abel, n’étant pas de l’aristocratie ne pourrait pas en assurer l’administration. Mais il était heureux pour sa fille ; elle irradiait de bonheur. Il pourrait former les enfants de Georgie ; ce serait certainement l’un d’eux qui prendrait la succession.

CHAPITRE 3 : ENFIN SEULS

Abel était grisé par l’air humide de l’Australie, par les senteurs qu’il retrouvait. Georgie, sa Georgie qu’il aimait tant était dans ses bras, blottie contre lui. Georgie entendait les battements de cœur d’Abel, sentait la chaleur de son corps musclé contre le sien. Elle se sentait comme dans un cocon. Une fois encore, elle était profondément troublée par le désir qu’elle ressentait. Bientôt, Abel s’arrêta à l’endroit-même où il l’avait serré dans ses bras ce soir d’orage. Il l’aida à descendre de la selle.

-« Georgie, tu te rappelles de cet endroit ?

-« Oui, j’étais partie à ta recherche et pris dans l’orage, j’étais effrayée. Lorsque tu es arrivé, tu m’as rassuré. Mon cauchemar était fini. »

-« Ce n’est pas la même chose pour toi aujourd’hui ? tu sais, nous avons vécu un cauchemar, Dieu a permis que nous y survivions et nous voilà, ici, en ce lieu, et tout va bien.

-« Oh, Abel.

Il s’approcha d’elle, et se mit à l’embrasser avec passion. Elle répondit à ce baiser avec la même ardeur. C’était si bon. Elle avait oublié toutes ses appréhensions, se laissant porter dans les bras d’Abel. Abel s’arrêta, il savait qu’il devait se contenir, respecter Georgie. C’était difficile mais il parvenait à contrôler ses pulsions.

Georgie se dirigea vers la rivière, éclaboussant Abel. Abel, ne se laissait pas faire, il répliquait. Et ils riaient, c’était comme au bon vieux temps. Mais à présent, ils n’étaient plus ni frères, ni sœurs mais amoureux. Georgie se sentait libre, libéré d’un gros poids tandis qu’Abel laissait éclater la joie de se sentir aimer par celle qu’il n’avait cessé d’aimer. Ils se séchèrent au soleil avant de rentrer. Ils avaient décidé de ne rien dire jusqu’au lendemain où ils annonceraient la nouvelle lors du repas avec l’oncle Kévin. Avant de repartir, Abel prit doucement la main de Georgie, il lui demanda de l’épouser. Elle accepta ; elle réalisait à quel point Abel lui était cher. C’est grâce à lui qu’elle avait retrouvé son père. Il avait pris tous les risques pour libérer Arthur. Il était l’artisan de son bonheur. Elle en éprouvait une reconnaissance infinie. Et puis, il l’aimait, la connaissant si bien, qu’il devinait derrière chaque expression de son visage ce qu’elle pensait. Ils échangèrent encore un long baiser avant de rentrer, lovés l’un contre l’autre. 

Ils arrivèrent à la ferme. Arthur les accueillit. Il soupçonnait secrètement que quelque chose s’était passé entre les deux là

-« Je commençais à m’inquiéter. C’est aux heures là que vous rentrez ? »

-« Euh,, oui, nous voulions profiter de la campagne australienne. Nous n’avons pas vu le temps passer. Désolés. »

-« Oh, ça ne fait rien », répondit Arthur en riant. « J’imagine que vous avez bien profité de la campagne australienne »

Et ils rentrèrent. Abel et Georgie échangèrent un regard complice. La bonne humeur était revenue à table mais Arthur ne pouvait s’empêcher de les taquiner. Il avait réussi à faire rougir Georgie. Il savait au fond de lui-même que Cupidon avait frappé …