Georgie en fut vivement touchée, cette lettre lui mit du baume au cœur. Laurent avait pensé à elle. Elle était également heureuse pour lui, ayant appris la nouvelle de sa guérison et qu’il était marié avec Elise. Elle ne dit mot de cette lettre à personne. Elle mentit à Arthur en lui disant que ces nouvelles venaient des Barnes. Ce jour-là, elle avait décidé de se battre.
Laurent avait été bouleversé de la nouvelle. Il avait accusé le coup en apprenant qu’elle devait épouser Abel et un choc en apprenant sa mort. L’histoire était pour lui d’une cruauté sans pareil, d’autant qu’elle était enceinte. Il avait réalisé à nouveau à quel point il aimait Georgie. Il en était malheureux. Il était maintenant marié à Elise et c’était à elle qu’il devait son amour. Il s’efforçait de l’aimer. Mais c’était un effort de sa part. Il commença donc un travail sur lui-même pour oublier Georgie, se jetant à corps perdu dans le travail. Elise était inquiète pour son mari. Elle sentait qu’il était perturbé. Elle ne savait pas que Laurent avait écrit un billet à Georgie. Bien qu’elle ait appris l’affreuse nouvelle, elle n’en avait pas parlé, se doutant que Laurent n’était pas indifférent aux événements. Cependant, elle réalisait encore que l’événement coïncidait avec le changement de comportement de Laurent. Elle en était affligée. Elle multipliait les câlins sans qu’elle ressente la réciprocité des sentiments de Laurent. Il lui semblait que celui-ci ne faisait qu’accomplir avec délicatesse ses devoirs d’époux. Mais elle voulait bien vivre cette situation, se disant que les choses prendraient certainement un peu de temps avant de s’estomper.
Son bébé naquit quelques mois plus tard. Bien qu’il ait près d’un mois et demie d’avance, c’était un petit garçon magnifique. Il se portait à merveille. Son visage était arrondi, on aurait dit un chérubin. Georgie l’appela naturellement Abel. Son deuxième prénom était John. Après la naissance, le Comte était reparti, satisfait que Georgie ait repris goût à la vie. Il espérait cependant qu’elle choisisse de rentrer à Londres pour demeurer à ses côtés. De plus, il espérait pouvoir donner une instruction à son fils, pour qu’il soit l’héritier de tous ses biens.
Les années étaient passées. Arthur s’était marié à la fille de Mme Potters. Georgie se sentait désespérément seule en Australie. Son deuil était terminé. Elle se rendit cette année-là chez son père pour fêter Noël. Elle décida de rester définitivement à Londres après les fêtes.