CHAPITRE 6 : LAURENT

Laurent, de son côté avait épousé Elise. Il s’était résolu à ce mariage malgré les sentiments qu’il éprouvait encore pour Georgie. Le séjour en Italie avait été profitable. Il s’était rapproché d’Elise, réalisant qu’elle était pleine de qualités qu’il n’avait jamais pris le temps de découvrir. Elle était prévenante, organisée. C’était une femme capable de porter les responsabilités. Elle l’aidait énormément au quotidien, par ses encouragements en lui témoignant une grande affection. Sa jalousie s’était dissipée. Depuis la soirée, elle savait que Laurent était enfin à elle. Elle en éprouvait une joie immense. Elle était triste qu’il soit aussi malade. Le quotidien était lourd à porter. Sa maladie le fatiguait énormément et leur vie manquait d’animations. Les soirées, les salons lui manquaient, elle qui aimait tant les relations. Mais cela n’était rien pour elle à côté de Laurent, Laurent dont elle était éperdument amoureuse. Il avait enfin consenti à la prendre dans ses bras, à l’embrasser. Elle se sentait belle, aimée, lavée de sa honte. 

Le mariage fut grandiose. La noblesse londonienne y avait été conviée. Le Comte avait décliné l’invitation. Il avait cependant envoyé ses félicitations avant son départ pour l’Australie, pensant au fond de lui-même que sa fille était passée à côté de l’amour de sa vie. En Australie, il s’était gardé d’annoncer la nouvelle à Georgie, ne voulant pas perturber celle-ci. Finalement, il fut surpris de voir que celle-ci avait rapidement refait sa vie. Il avait accepté la situation. La mort d’Abel l’avait profondément meurtri, d’autant plus que sa fille était enceinte et qu’elle allait devoir élever l’enfant seule. Un jour, pourtant, Georgie sortit de sa torpeur. Les larmes de son cœur ne coulaient plus. C’était un mois après le décès d’Abel. Une lettre, cachetée de cire était arrivée de Londres. Arthur avait été vivement interpelé par ce courrier, arrivé à la ferme Bäcker. La lettre ne portait pas le nom de son expéditeur. Georgie prit d’abord peur mais reconnut assez vite l’écriture. C’était une lettre de Laurent. Elle s’empressa de l’ouvrir dans le secret de sa chambre.

Très chère Georgie,

Je viens d’apprendre par les nouvelles ce qui était arrivé. J’en suis profondément désolé pour toi. Je voulais te dire que mes pensées accompagnent ta peine.

Sois assurée de mon soutien

Affectueusement

Laurent

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