EPISODE 9 : HEUREUSES RETROUVAILLES

Ce matin-là, Georgie allait enfin retrouver son cher père. Elle se rendit joyeuse au port ; le bateau venait d’accoster. Le Comte fut ému de découvrir Georgie, future maman. Elle ressemblait tellement à Sophia au même âge ! Maria avait fait la traversée avec le Comte ; elle restait en retrait, impressionnée.  Elle était si heureuse pour elle !

Le Comte fit déposer ses affaires ainsi que celles de Maria à l’hôtel. Ils avaient tous rendez-vous à la ferme Bäcker chez Arthur pour un repas de famille. Georgie était pressée d’annoncer l’heureuse nouvelle à sa famille. Laurent devait les rejoindre un peu plus tard après son entretien avec les journalistes. La calèche s’immobilisa devant la ferme. Arthur sortit alors. 

C’est avec une vive émotion qu’il accueillit Maria. Il lui semblait qu’elle était de plus en plus belle. Lorsqu’il vit Georgie, il plaisanta : « Bonjour, Mademoiselle la cachotière. Puisque vous n’avez pas dit la vérité à votre frère, vous serez privé de dessert. » Il embrassa sa sœur. C’était la journée des émotions. Il avait pour l’occasion préparé un gigot et un pâté aux pommes. Laurent arriva quelques minutes plus tard. L’entretien avec les journalistes s’était merveilleusement bien passé : la vérité allait enfin être rétablie. 

Georgie fut émerveillée à la vue des fromages sur la cheminée.

– « Ne les regarde pas comme cela, il doit y en avoir pour tout le monde », dit Arthur.

 Tout le monde riait de bon cœur. L’oncle Kévin pensait à Mary et John ; qu’ils auraient été heureux d’être là au milieu de ces réjouissances !  Abel annonça à son tour la grossesse de Bethy. Arthur avait proposé à Maria de rester à la ferme jusqu’au lendemain. Il avait préparé la chambre de Georgie. Elle accepta en rougissant, ce que ne manqua pas de relever Abel. Ce soir-là, Arthur avait préparé une magnifique table, confectionné un repas digne d’un grand chef. Il avait demandé sa main à Maria en lui offrant une bague en saphir. Elle fut très émue ; elle aimait éperdument Arthur et se sentait rassurée à ses côtés. 

Le Comte avait offert à Georgie des boucles d’oreilles en or et diamants ayant appartenu à Sophia. Il lui avait offert deux petites toiles qui la représentait enfant. Un autre tableau représentait une colombe s’envolant au soleil levant. Les teintes formaient une harmonie, donnant à l’illustration un relief particulier. Laurent, amateur d’art s’attarda longtemps sur le tableau. Il était stupéfait du talent de Sophia et n’était plus étonné de ceux de Georgie.

Le surlendemain, le Comte et le gouverneur se retrouvèrent pour le déjeuner pour convenir des derniers préparatifs du mariage. Une grande entente régnait entre les deux hommes, qui passèrent une bonne heure à parler de Sophia. Cela mit du baume au cœur au Comte. 

Ce même jour, les futurs mariés visitèrent le manoir.  Georgie était conquise par la somptuosité de l’endroit.  Une l’allée délimitée de buis centenaires conduisait au perron, tandis que des carrés de jardin à la française laissaient deviner une fontaine, Laurent avait eu l’idée d’aménager un atelier de couture. Georgie s’extasiait et avait encore du mal à croire que tout cela serait pour elle. Le bébé qui devait ressentir ses émotions ne cessait pas de bouger. Laurent riait de deviner un petit pied qui tendait le ventre de Georgie. Très fatiguée, elle rentra vite se reposer. Elle but un verre de lait chaud, avant de s’allonger. Elle eut cependant du mal à trouver le sommeil. Les événements s’étaient bousculés : elle avait vécu tant de choses en si peu de temps. La date du mariage approchait ; elle était impatiente de vivre enfin aux côtés de Laurent. 

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