Le village de Mengh n’était qu’à une heure de calèche de Sydney. Laurent avait réservé un petit chalet, dans un village de la montagne. Il savait que dans ce havre de paix, ils seraient préservés des curieux. Il avait tant rêvé de ses retrouvailles avec Georgie qu’il se sentait sur un nuage. Dans la calèche, il serrait Georgie contre lui, caressait son ventre. Il fut vivement touché lorsqu’il sentit le bébé bouger. Il lui parlait :
- – « Maintenant, mon ange, papa est là, tout va bien aller. Maman va se reposer. »
Sinon, il embrassait Georgie tendrement. Georgie se laissait happer par la profonde joie qu’elle éprouvait dans les bras de celui qu’elle aimait. Ce lien était devenu si fort dans la maladie. Il était là sauvé, de façon inespérée. Ce trajet en calèche n’allait as comme le dernier les séparer. Ils allaient passer des jours merveilleux enfin ensemble après ces longs mois.
- – « Georgie, je t’emmène à Mengh. C’est un endroit magnifique, tu vas adorer. J’ai réservé un petit chalet, rien que pour nous. J’avais découvert cet endroit juste avant de te rencontrer. Il a toujours gardé une place dans mes pensées tant il invite à la poésie. Tu seras charmée, toi aussi.»
- – « Oh, Laurent, j’irai au bout du monde avec toi. Mais promets-moi que nous ne serons plus jamais séparés. »
- – « Chère Georgie, je ne lâcherai jamais ta main. Je serai toujours là. Tu m’as sauvée, je t’ai aimé dès notre premier regard. » Là-dessus, il resserra son étreinte et l’embrassa avec une passion que Georgie ne lui avait jamais connue. Georgie sentait en elle le désir de lui appartenir. Laurent goûtait au paradis après avoir connu l’enfer. Il se sentait un homme nouveau. Le jeune homme peu courageux qu’il était avait laissé la place à un homme mûr, déterminé et rassurant. Il avait frôlé la mort, appréhendé ses mystères. Aujourd’hui, chaque instant était pour lui un don de vie à saisir, à transformer en bonheur. Seul l’amour dictait ses choix. Il avait réalisé à quel point, la seule raison était impitoyable devant la fragilité de l’homme. Lors du dernier souffle de l’homme, une seule chose subsistait finalement : l’amour. Celui qui l’aurait méconnu sa vie durant serait le plus malheureux des hommes au jour de sa mort.
- – « Georgie, tu ne dois plus t’inquiéter. Rien ne pourra jamais nous séparer, je t’aime. »
- – « Laurent, je t’aime aussi, j’ai eu si peur que tu meures. Oh, mon amour. »
Sur ces derniers mots, ils étaient arrivés à destination. Le voyage leur avait paru court. Le cocher déposa leurs bagages à l’entrée du chalet et les conduisit à l’auberge non loin de là.
Laurent et Georgie s’attablèrent. Bientôt, ils furent servis. Laurent riait de voir le grand appétit de Georgie.
- – « Je vois que la gourmandise est restée ton pêché mignon … »
- – « Euh, oui, elle se mit à rire. Je mange pour deux maintenant, tu seras privé de dessert ! Il faut bien que notre petit ange prenne lui aussi des forces … Tu sais, je le sens grandir en moi de jour en jour. »
- – « Mon amour, tu peux être sereine maintenant. Je serai là tous les jours pour prendre soin de toi, même si je dois souvent être privé de dessert ! »
Georgie relata à Laurent ravi, sa rencontre avec son grand-père. Elle avait été impressionnée par sa seule présence, imposante. Très vite, il l’avait rassuré en lui souhaitant la bienvenue dans la famille et en lui ouvrant son cœur. Elle avait été très touchée par le fait qu’il avait connu Sophia dans sa jeunesse alors qu’elle était artiste à Londres. Il lui avait offert un tableau peint de sa main, représentant une mère qui lui ressemblait et son enfant. Pour Georgie, ce tableau était un trésor telle une image disparue mais immortalisée de l’amour de sa maman pour elle. Elle avait pressenti que c’était le tableau dont lui avait parlé Laurent alors qu’elle riait dans la grotte ! Qu’est-ce qu’elle avait été stupide ce jour-là !
– « C’est incroyable, tu m’étais destinée, Georgie. »
Et ils se regardèrent intensément. En sortant de l’auberge, Laurent invita Georgie sur un banc. La vue de ce point-là était magnifique. On voyait le port de la presque-île et on pouvait distinguer les voiliers. En arrière-plan, les sommets verdoyants culminaient dévoilant leur luxurieuse végétation.
– « Georgie, cet endroit me rappelle l’Italie. J’adore ces paysages de type méditerranéen ; j’y ai tant rêvé de toi, de ton rire, de ta présence chaleureuse, rassurante. Tu as touché et rempli mon cœur, Georgie, veux-tu m’épouser et devenir Madame Grey pour le meilleur ? »
Cette demande inattendue à ce moment, à cet endroit émut profondément Georgie.
– « Oui, Laurent, je veux vivre toujours à tes côtés et être ton soutien chaque jour que la vie nous donnera »
Alors, Laurent sortit de sa petite sacoche une bague d’émeraude qu’il mit au doigt de Georgie. La bague était un magnifique bijou que Laurent avait fait tailler et graver spécialement pour sa bien-aimée.
– « Elle est magnifique, «
– « Comme toi, comme tes yeux, mon amour. » Il l’embrassa fougueusement. Il sentait à quel point il était bon d’aimer Georgie. Il s’énivrait de ses cheveux. Il la prit par la main et l’entraîna vers le chalet.
Le chalet était simplement meublé d’un lit, d’une table, de chaises et d’un petit coin cuisine. Il comportait une petite salle de bains.
Laurent désirait Georgie de tout son cœur mais il modérait ses ardeurs, craignant d’être trop brusque. La grossesse avait encore arrondi ses formes généreuses et il voulait la chérir de toute son âme et de toute sa force. Il l’entraîna vers le lit lui embrassant la nuque. Georgie frissonnait et s’abandonna bientôt, vaincue par la tendresse de cette étreinte. Bientôt, leurs vêtements tombèrent et leurs corps s’entrelacèrent. La magie de l’amour scintillait : ils se découvraient, se caressaient, leurs corps célébrant la profondeur cachée de l’amour. Des vagues de volupté les envahissaient l’un et l’autre, jusqu’à l’apogée de la joie suprême de ce moment. Ils étaient heureux, énivrés de joie, enfin réunis.
– « Je suis une princesse dans tes bras Laurent. Elle se laissa à nouveau attirer dans le feu de leur amour. Laurent était fou de l’aimer ainsi, il était le plus heureux des hommes. Son cœur était comblé de tout l’amour qu’il recevait de celle qu’il aimait. Il était subjugué par sa beauté dévoilée. Il sentit bientôt la réalité se dérober. Ils s’endormirent bientôt dans les bras l’un de l’autre.
Lorsqu’ils se réveillèrent, la fin de journée s’annonçait déjà. Le ventre de Georgie criait famine, ce qui faisait rire Laurent et rougir Georgie. Ils se rendirent donc au village en contrebas pour acheter quelques fruits qui rassasièrent Georgie puis se promenèrent au port main dans la main.