EPISODE 5 : CORRESPONDANCES

Très chère Georgie,

Je viens de rendre visite à ton cher papa. J’étais rentré d’Italie et j’étais venu te rendre visite. Georgie, je n’ai jamais pu t’oublier. Penser à toi chaque jour, à ta joie, à ton rire, m’a permis de remonter lentement la pente de la maladie. Je ne veux plus vivre sans toi, chère Georgie. Je suis aujourd’hui un homme libre, et je voudrais te chérir et t’aimer chaque jour que Dieu me donnera.

Je te demande pardon pour le mal que je t’ai fait. Pardon, mon amour, d’avoir manqué de courage au début de notre relation, pardon d’être parti en Italie sans toi. 

Georgie, j’ai appris que tu attendais notre bébé. Je suis si triste, lorsque je pense aux souffrances que tu as vécues alors que je n’étais pas à tes côtés. Mais je suis si heureux de cette nouvelle, Dieu nous a donnés un enfant et la chance d’enfin nous aimer. 

 Ton courage, le don de toi sans compter m’a rendu la vie, non seulement physique mais a fait de moi un homme. J’ai décidé de m’engager à suivre une formation de médecin pour accompagner les plus faibles. Jour après jour, c’est le souvenir de ton image à mes côtés dans ma maladie qui me pousse à vivre, à aimer. Georgie, tu as pris mon cœur, tu as boulversé ma vie, tu m’as transformée. J’ai réalisé à quel point j’étais orgueilleux, prétentieux et égoïste. Depuis mon enfance, je n’ai manqué de rien, je ne m’étais jamais inquiété de rien. J’ai découvert à tes côtés l’humilité et la charité. J’ai appris ces principes au Collège pendant mes études mais ils n’étaient alors que théorie pour moi. A tes côtés, j’en ai saisi la beauté. Georgie, tu es amour. Tu m’as aimé, je suis captif de cet amour. Tu as tout donné pour moi. 

Si ton cœur est encore ouvert au mien, je serai le plus heureux des hommes.

Ton dévoué Laurent qui t’aime tendrement

Georgie était heureuse et pleurait. Elle relut cinq fois la lettre en réalisant qu’elle ne rêvait pas. Laurent l’aimait, il rêvait de ses bras chaque nuit. De son côté, elle se voyait chaque nuit avec lui au bord de la rivière de leur rencontre, au milieu des fleurs, chaque fois qu’elle voulait le serrer dans ses bras, il disparaissait. Ce rêve récurrent avait fatigué Georgie moralement. Maintenant, son Laurent allait venir et leur bébé allait avoir un père et grandir dans l’amour. Georgie pleurait de joie. Elle annonça la nouvelle à Barbara qui se réjouissait.  Laurent ne l’avait pas oubliée mais il l’aimait. Elle aurait tant voulu à cet instant pour le serrer dans ses bras. Elle s’empressa de regarder les étoiles. Il était en mer et lui aussi voyait le même ciel. C’était une connection divine, celle de l’amour.  

 Georgie était invitée quelques jours plus tard chez Arthur à une fête de famille. Depuis l’annonce de sa grossesse, son ventre s’était étiré ; elle avait libéré sa grossesse qu’elle s’autorisait à  montrer. Barbara lui prêta donc une robe large brodée pour camoufler ses formes. Georgie voulait en effet annoncer sa grossesse lors de la venue de son père. La journée fut agréable. Les garçons étaient étonnés de la sagesse de Georgie qui restait calmement à table …. Sans proposer des chamailleries. Mais personne ne soupçonnait une grossesse … Georgie était radieuse. Elle annonça aussi qu’elle était à, nouveau avec Laurent, et qu’ils allaient se retrouver à Sydney, ce qui réjouissait Abel, Becky et Arthur . Arthur se réjouissait de la prochaine venue de Maria et avait acheté une bague de fiançailles. Il avait demandé à Georgie de coudre afin que la décoration de la maison soit parfaite pour accueillir sa bien-aimée. L’oncle Kévin voyait le bonheur des trois jeunes gens et pensait secrètement à John et Mary dont il regrettait profondément l’absence. Du Ciel, ils avaient veillé sur Abel, Arthur et Georgie : ils avaient connu tant d’épreuves avant d’atteindre ce bonheur !

Georgie répondit sans tarder à la lettre qu’elle fit parvenir grâce à l’aide de Barbara par télégramme. Laurent, qui ne s’y attendait pas était fou de joie, Georgie répondait à son amour. 

Cher Laurent,

J’ai été boulversé par cette belle lettre. A tes côtés, j’étais une reine. Mon désarroi devant le travail, la fatigue se dissipait dès que je pensais te voir guéri.

Quand j’ai lu dans les journaux que tu avais été opéré et que l’opération s’était bien passée, j’étais heureuse. Lors de la soirée, j’avais envie que tu me serres dans tes bras d’amour et que tu ne relâches plus ton étreinte. Mais je pensais avant tout à Elise …

Laurent, je pensais ne plus jamais te revoir, que tu étais mariée avec Elise. Je me suis abandonnée à toi avant que le destin nous sépare.  Ces moments ont été les plus merveilleux de ma vie, ils ont comblé mon cœur.

Laurent, j’ai été très malade quelques mois après mon arrivée en Australie. Je me sentais déprimée, fatiguée, vidée, je ne comprenais pas. Le médecin m’a informé que j’attendais un bébé.  Je n’avais rien vu. Quand j’ai appris la nouvelle, j’étais heureuse de savoir que notre amour demeurerait malgré la séparation dans ce petit être. J’ai été affreusement triste de ton absence. Mais je ne voulais rien dire pour ne pas m’immiscer dans ta vie et faire du mal.  Dieu a entendu mon chagrin et répondu à mes prières car tu m’as écrit. Laurent, je t’aime et t’aimerai toujours .  Cher Laurent, j’aime ta douceur, tes lèvres, ta voix, ton cœur, ta tendresse  …. Je t’aime

Georgie

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